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17/03/2016 03:09 EDT | Actualisé 18/03/2017 01:12 EDT

Afghanistan: un an après le lynchage de Farkhunda, manifestation "pour la justice"

Plusieurs dizaines de personnes ont manifesté jeudi à Kaboul pour réclamer "justice pour Farkhunda", un an après le lynchage de cette jeune femme dont certains des meurtriers ont récemment vu leurs peines réduites.

"Nous sommes tous Farkhunda!", "Farkhunda, ta mémoire vit à jamais", "Justice pour Farkhunda!", ont scandé les manifestants qui s'étaient rassemblés sur une des rives de la rivière Kaboul à l'endroit même où, le 19 mars 2015, la jeune femme de 27 ans avait été battue à mort par une foule d'hommes qui l'accusait, à tort, d'avoir brûlé un exemplaire du Coran. Son corps avait ensuite été brûlé et jeté dans le lit de la rivière.

Certains protestataires arboraient des masques représentant le visage ensanglanté de Farkhunda, illustrant les violences dont continuent de souffrir les Afghanes dans une société qui reste largement patriarcale.

"Le meurtre de Farkhunda nous a tous touchés. Ce crime, qu'on ne peut oublier, a porté préjudice à l'humanité entière", a déclaré à l'AFP Leïla Qarayi, une militante iranienne des droits des femmes.

Les manifestants sont particulièrement remontés contre une récente décision de la Cour suprême.

Cette dernière a confirmé un arrêt de la Cour d'appel annulant la peine capitale prononcée en première instance à l'encontre de quatre des meurtriers de Farkhunda. Trois accusés avaient vu leur peine réduite à 20 ans de prison et le quatrième à 10 ans. Neuf autres accusés ont également bénéficié d'une réduction de peine.

"La misogynie de ce gouvernement corrompu a été une fois de plus exposée en place publique", s'est emportée Selay Ghaffar, une autre militante. "Le gouvernement n'entreprend aucune action concrète en faveur des droits des femmes. Il ne fait que scander des slogans".

Le président afghan Ashraf Ghani, qui a fait de la défense des droits des femmes l'une des priorités de son mandat, souhaiterait demander une révision du procès, mais un porte-parole a souligné que "la Constitution lui interdit toute ingérence dans le domaine judiciaire".

Contacté par l'AFP, Abdul Basir Azizi, le porte-parole du procureur général a dit n'avoir reçu "aucune instruction émanant de la présidence" au sujet d'une éventuelle révision.

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