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11/03/2016 10:34 EST | Actualisé 12/03/2017 00:12 EST

Venezuela: quatre ans de prison pour le directeur d'un journal

Le directeur d'un journal vénézuélien a été condamné à quatre ans de prison pour "diffamation" après avoir publié une enquête sur un cas présumé de corruption au sein d'un grand groupe public, a annoncé le quotidien vendredi.

Cette sentence a aussitôt été dénoncée par plusieurs organismes comme une atteinte à la liberté de la presse et une forme de "censure préventive" visant à décourager le travail d'enquête dans l'ensemble des médias du pays.

Entre mai et septembre 2013, le Correo del Caroni avait publié une série d'enquêtes accusant de malversations, extorsion, association de malfaiteurs plusieurs chefs d'entreprises liés au groupe public CVG Ferrominera Orinoco, qui avaient saisi la justice.

Un tribunal de l'Etat de Bolivar (sud) a prononcé une "condamnation à l'encontre du directeur du Correo del Caroni, David Natera, en raison de la couverture informative réalisée par ce média en 2013 sur le cas de corruption au sein de CVG Ferrominera Orinoco", selon le journal.

"Le Correo del Caroni a été condamné pour avoir exercé son indépendance éditoriale et contribué à la transparence", a réagi Oscar Murillo, rédacteur en chef du quotidien, sur Twitter.

Cette condamnation vise à "intimider" la presse vénézuélienne "pour qu'elle se soumette à une censure et une autocensure non nécessaires dans un pays démocratique", a réagi devant la presse le président du Conseil national des journalistes, Tinedo Guia.

"Tout média recevant demain des informations sur un cas de corruption va penser à l'exemple du Correo del Caroni et s'empêchera probablement d'enquêter ou de publier l'information", a renchéri Carlos Correa, directeur de l'ONG Espace public, en évoquant un "mécanisme de censure préventive".

Le directeur du journal David Natera restera en liberté en attendant son procès en appel, mais ne pourra quitter le pays et devra se présenter devant la justice tous les 30 jours.

Le Parlement, contrôlé par l'opposition au président socialiste Nicolas Maduro, débat depuis le mois dernier d'une proposition de réforme de la loi des médias qui prévoit actuellement de nombreuses sanctions en cas d'apologie des délits, de manipulations visant à créer des troubles ou de non-respect des autorités.

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