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11/03/2016 12:02 EST | Actualisé 12/03/2017 00:12 EST

Présidentielle au Niger: l'opposition décide d'un "boycott actif" du second tour le 20 mars (porte-parole)

L'opposition nigérienne, dont le candidat emprisonné Hama Amadou, doit affronter le sortant au second tour de la présidentielle, a annoncé vendredi un "boycott actif" du scrutin prévu le 20 mars, a indiqué son porte-parole.

"Nous allons entrer dans un boycott actif (...) cette élection sera une élection où Mahamadou Issoufou sera en face d'un candidat fantôme", a affirmé Ousseïni Salatou, le porte de la Coalition pour l'alternance (Copa 2016) qui soutient le candidat Hama Amadou.

"Nous avons demandé à nos militants et l'ensemble des patriotes de ne pas battre campagne et de ne pas sortir le 20 mars", a martelé M. Salatou lors d'une conférence de presse.

"Hama ne votera pas le 20 mars, la Copa votera pas", a insisté Ousseïni Salatou, précisant que cette décision a été prise "en rapport avec M. Amadou".

L'opposant Hama Amadou, détenu depuis quatre mois a obtenu 17,79% des suffrages contre 48,41% au président Mahamadou Issoufou au premier tour de la présidentielle du 21 février.

Accusé de trafic d'enfants dans un dossier de "droit commun" selon le pouvoir mais "politique" selon le candidat, l'ancien Premier ministre et ex-président de l'Assemblée, a été écroué depuis le 14 novembre à la prison de Filingué, à 180 km au nord de la capitale.

Le 2 mars, la Copa a réclamé la libération de l'opposant afin qu'il puisse mener sa campagne et affronter en "toute régularité" le président sortant. Ses avocats ont déposé une demande de mise en liberté provisoire qui sera examinée le 14 mars par la justice.

"L'opposition se sait vaincue d"avance" et par ce boycott "stratégique", elle "mise sur un faible taux de participation qui ternirait la crédibilité de l'élection du futur président", note un analyste local.

"Une abstention importante et un score +stalinien+ du président sortant, seraient une victoire pour l'opposition et peut éventuellement bénéficier de peu de crédit aux yeux de de la communauté internationale", estime-t-il.

"Surtout quand on sait qu'au Niger à l'issue d'une élection, le vainqueur est félicité par le vaincu", soutien le politologue Souley Adji sur une télévision locale. Une réélection le 20 mars risque "d'être une victoire sans éclat", a commenté M. Adji.

Le taux de participation a été officiellement de 66,82% au premier tour le 21 février.

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