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11/03/2016 03:37 EST | Actualisé 12/03/2017 00:12 EST

Migrants: le président macédonien furieux de payer "les erreurs de l'UE"

Le président macédonien Gjorge Ivanov a déploré que son pays soit obligé de payer "les erreurs de l'Union européenne" dans la gestion de la crise des réfugiés, dans une interview vendredi au quotidien allemand Bild.

"Dans la crise des réfugiés, nous payons les erreurs de l'Union européenne", a-t-il expliqué. "Nous avons déjà dû dépenser 25 millions d'euros de l'argent du contribuable, nous sommes en état d'urgence et qu'avons-nous reçu de l'Europe ? Rien ! Pas un cent !".

"Nous ne sommes rien, membre ni de l'UE, ni de Schengen, ni de l'Otan, personne ne veut de nous. Cependant, nous protégeons l'Europe d'un pays européen (la Grèce) dont le contrôle des réfugiés est déficient", a poursuivi M. Ivanov.

Le porte-parole du gouvernement allemand et de la chancelière Angela Merkel, Steffen Seibert, a contesté les affirmations du président macédonien.

L'Union européenne aide structurellement les pays des Balkans, a-t-il fait remarquer et "entre 2014 et 2020", elle met par exemple "à la disposition de la seule Macédoine 664 millions d'euros".

Par ailleurs, a souligné M. Seibert, "nous avons conscience que les pays de l'ouest des Balkans et particulièrement la Macédoine sont affectés de manière importante par le flux des réfugiés qui traversent ces pays".

"Et en lien avec ce travail concernant les réfugiés, l'Union européenne a justement mis à la disposition de la Macédoine 52 millions d'euros", a affirmé M. Seibert.

Le président macédonien estime par ailleurs que si l'Allemagne "a très bien agi dans une logique humanitaire" dans cette crise en ouvrant en septembre 2015 ses frontières au flot de migrants, sur la question de la sécurité, "elle a totalement échoué".

Il évoque le fait que son pays a voulu échanger des données sur "des jihadistes potentiels" mais que personne n'a voulu de ces informations.

"Ce n'est qu'après les attentats de Paris qu'on nous a interrogés. Et là, nous avons pu dire aux autorités qu'au total dix personnes étaient entrées en Europe" avec la même identité que l'un des jihadistes, a-t-il expliqué.

Un porte-parole du ministère allemand de l'Intérieur, Tobias Plate, a affirmé mal comprendre ce reproche. "La Macédoine fait partie depuis le 1er avril 2015 de ce qu'on appelle le +Focal Point Travellers+ d'Europol qui concerne justement les combattants étrangers (jihadistes), dans ce contexte, un échange via Europol est possible et selon nos informations, la Macédoine a fourni des informations".

La Macédoine est en première ligne sur la route des Balkans, empruntée par les candidats à l'asile qui arrivent sur les îles grecques en provenance des côtes turques, afin de rejoindre les pays de l'Europe centrale et du Nord.

elr/alf/jh