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11/03/2016 11:11 EST | Actualisé 12/03/2017 00:12 EST

Les éleveurs de porc, "au bord de l'effondrement", perturbent la circulation à Lisbonne

Plusieurs centaines de camions conduits par des éleveurs de porcs ont perturbé la circulation à Lisbonne vendredi, ces agriculteurs réclamant de l'aide pour un secteur "au bord de l'effondrement" à trois jours d'une réunion à Bruxelles sur la crise agricole en Europe.

"La situation au Portugal est dramatique, encore plus difficile que dans d'autres pays d'Europe, nous vendons à des prix bien trop bas", a dénoncé Vitor Menino, président de la Fédération portugaise des associations d'éleveurs de porcs, qui décrit un secteur "au bord de l'effondrement".

Les éleveurs demandent notamment "la levée immédiate de l'embargo russe" et "des mesures d'aide, comme la restructuration des crédits ou la limitation des promotions sur la viande de porc", a ajouté M. Menino.

Après avoir fortement ralenti la circulation sur certains accès principaux de la capitale portugaise, une centaine de camions étaient rassemblés vendredi soir sur les hauteurs de Lisbonne, ont annoncé les services de police. Selon les agriculteurs, 350 camions en tout ont pris part au mouvement.

Le gouvernement portugais prévoit "d'exonérer les éleveurs de porcs de 50% des cotisations sociales" en 2016, a annoncé vendredi soir le ministre portugais de l'Agriculture, Luis Capoulas Santos, évoquant aussi des "initiatives" auprès de Bruxelles et Moscou.

M. Capoulas Santos présentera également "un ensemble de propositions" lundi à Bruxelles, lors d'une réunion avec ses homologues européens, a-t-il assuré.

Le ministre français de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, avait estimé un peu plus tôt vendredi avoir rallié une majorité de gouvernements européens à son analyse de cette crise agricole qui touche principalement le lait et le porc.

Des mesures proposées conjointement par la France et l'Allemagne sur le porc consisteraient en un renforcement de l'aide au stockage privé et à un relèvement du plafond des aides ministérielles, de 15.000 à 30.000 euros sur trois ans. La levée de l'embargo sanitaire russe sur le porc relève de négociations politiques "au plus haut niveau", a prévenu M. Le Foll.

ode/gl