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10/03/2016 23:41 EST | Actualisé 11/03/2017 00:12 EST

Les acteurs du conflit syrien

Le conflit en Syrie, qui a commencé le 15 mars 2011 après la répression par le régime de manifestations proréformes, s'est progressivement internationalisé avec une multitude d'acteurs sur un territoire morcelé.

Une trêve entre régime et rebelles est observée depuis le 27 février mais les groupes jihadistes en sont exclus.

Régime et ses alliés

- L'armée, qui comptait 300.000 hommes dans ses unités combattantes en 2011, a vu ses effectifs baisser de moitié en raison des morts et des défections.

Elle a perdu près de 70% du territoire au profit des rebelles modérés ou islamistes, des jihadistes du Front al-Nosra et du groupe Etat islamique (EI) et des Kurdes. Mais le territoire sous son contrôle est stratégique car il comprend Damas, Homs et Hama dans le centre, le littoral et une partie d'Alep (nord), soit des régions où vit près de 60% de la population encore présente en Syrie.

Et depuis septembre 2015, les prorégime ont repris du terrain grâce à l'appui des frappes russes dans la province d'Alep, de Lattaquié (ouest) et de Deraa (sud).

- Les milices prorégime comptent environ 150.000 à 200.000 hommes. La principale, les Forces de défense nationale (FDN, 90.000 combattants), a été créée en 2012. A ces milices s'ajoutent des combattants venus du Liban, d'Iran, d'Irak ou d'Afghanistan. Le plus important mouvement est celui du Hezbollah libanais (5.000 à 8.000 combattants selon des experts).

- Alliée de poids du régime, la Russie est intervenue le 30 septembre pour venir en aide au régime qui était en mauvaise posture, en effectuant des frappes contre rebelles et jihadistes.

- Principal soutien régional du président Bachar al-Assad, l'Iran a envoyé des milliers de combattants pour aider l'armée et fournit aussi conseillers militaires et aide économique.

Rebelles

- Au départ des déserteurs et des civils syriens ayant porté les armes, les rebelles regroupés au sein d'une coalition nommée l'Armée syrienne libre se sont progressivement éclipsés, laissant la place à une myriade de factions en majorité d'inspiration islamiste.

Les rebelles ne sont plus prépondérants que dans une poignée de régions principalement autour de Damas, dans le sud du pays, dans des parties de la province d'Alep et dans l'est de la ville d'Alep. Mais en comptant les régions où ils sont alliés avec les jihadistes d'Al-Nosra, ils contrôlent près de 20% du territoire, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

- L'un des plus importants groupes rebelles syriens est Ahrar al-Cham. Créé en 2011 et financé par des pays du Golfe et la Turquie selon des experts, il est surtout présent dans le nord (provinces d'Alep et Idleb). D'inspiration salafiste, il a tenté en 2015 de se présenter comme modéré aux yeux de l'Occident. Ce groupe a subi plusieurs revers dans la province d'Alep depuis l'offensive de l'armée début février.

- Jaich al-Islam est le plus important groupe rebelle dans la région de Damas, notamment la Ghouta orientale.

- Le Front du sud regroupe des groupes armés non islamistes qui contrôlent des secteurs de la province de Deraa (sud).

Front al-Nosra

C'est le plus important groupe jihadiste en Syrie après l'EI.

Composé essentiellement de jihadistes syriens, contrairement à l'EI, il se distingue de la rébellion par son aspiration à un émirat islamique.

De nombreux rebelles syriens ont rejoint ses rangs, attirés par ses moyens financiers et sa meilleure organisation.

Mené par Abou Mohammad al-Jolani et classé groupe "terroriste" par Washington, Al-Nosra est allié avec des groupes rebelles dans les provinces d'Idleb (nord-ouest) et d'Alep (nord). Egalement présent dans d'autres régions, il y est toutefois en minorité par rapport aux rebelles dans la Ghouta orientale, à Deraa et dans Homs et Hama.

Avec Ahrar al-Cham et d'autres groupes, il a formé "L'Armée de la conquête" en 2015. Financée selon les experts par des pays du Golfe, cette coalition a chassé l'armée de la totalité de la province d'Idleb.

Groupe Etat islamique

Organisation la mieux organisée, la plus brutale, la plus riche et la plus redoutable en raison de ses atrocités, l'EI a conquis de vastes pans du territoire syrien depuis son intervention en 2013 dans le conflit.

Dirigé par Abou Bakr al-Baghdadi, fort de dizaines de milliers d'hommes venus surtout de l'étranger, il combat le régime, Al-Nosra, les rebelles et les Kurdes. Il a proclamé en juin 2014 un "califat" sur les territoires conquis en Syrie et en Irak voisin.

Depuis 2015, il a subi des revers en Syrie en perdant notamment Kobané et Tall Abyad (nord) mais il contrôle 40% du territoire: dans l'est (Deir Ezzor, la majorité de la frontière avec l'Irak), dans le nord (Raqa, une partie d'Alep) et dans le centre (Palmyre).

L'EI mène des attentats spectaculaires qui font des dizaines de morts, souvent avec véhicules piégés.

Kurdes

Réprimés pendant des décennies, les Kurdes de Syrie ont profité du retrait de l'armée de leurs régions pour y établir une administration locale s'étendant du nord-ouest au nord-est du pays.

Les YPG (Unités de protection du peuple) sont leur principale milice armée.

Ils sont aidés par la coalition internationale dans leur lutte contre l'EI et ont profité de la déroute des rebelles face au régime pour s'emparer de localités dans Alep, près de la frontière turque, au grand dam d'Ankara.

Ils contrôlent désormais plus de 10% du territoire et les trois-quarts de la frontière syro-turque.

Turquie

Longtemps accusée de complaisance pour les groupes rebelles syriens les plus radicaux, la Turquie a rejoint l'été dernier la coalition internationale antijihadistes dirigée par Washington mais critique le soutien des Etats-Unis aux Kurdes syriens.

En février, son artillerie a bombardé des positions des YPG, mouvement qu'elle considère comme "terroriste".

Coalition internationale

Depuis 2014, cette coalition menée par les États-Unis effectue des frappes contre l'EI en Syrie. Australie, Bahreïn, Canada, France, Jordanie, Pays-Bas, Arabie saoudite, Turquie, Emirats arabes unis, Royaume-Uni et Etats-Unis y ont pris part, selon le commandement de la coalition.

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