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11/03/2016 05:07 EST | Actualisé 12/03/2017 00:12 EST

Le groupe armé État islamique se propage en Libye, prévient l'ONU

NEW YORK — Le groupe armé État islamique a profité du chaos qui règne en Libye pour élargir de manière considérable le territoire qu'il contrôle dans ce pays d'Afrique du Nord, préviennent des experts dans un nouveau rapport des Nations unies.

Les experts qui surveillent le respect des sanctions onusiennes adoptées contre la Libye expliquent que le groupe djihadiste a réussi à recruter des communautés marginalisées dans la ville centrale de Sirte, qu'il contrôle.

Il a aussi augmenté sa capacité opérationnelle dans la ville de Sabratha et à Tripoli, la capitale, en recrutant localement et en important des combattants étrangers, ajoutent-ils.

Le comité de six membres prévient dans son rapport que les attaques lancées par le groupe armé contre les installations pétrolières libyennes représentent une menace importante à la stabilité économique du pays. Les Libyens sont de plus en plus victimes des tactiques brutales de l'organisation, ce qui a mené à plusieurs exécutions de masse, disent-ils.

La Libye est essentiellement devenue un État en déroute en 2011, avec la chute du régime de Mouammar Kadhafi. Deux gouvernements rivaux, un islamiste et l'autre reconnu par la communauté internationale, se disputent le pouvoir, et plusieurs milices lourdement armées sévissent à travers le pays.

L'ONU essaie de former un gouvernement d'unité nationale pour rétablir les services dont sont privés des millions de Libyens et combattre les djihadistes du groupe armé.

Les experts estiment que la Libye est de plus en plus attrayante pour les combattants étrangers et que leur présence dans le sud du pays est «symptômatique de la dimension régionale du conflit». Leur rapport ajoute que les pays de la région fournissent un appui à tout le moins politique à différents groupes, ce qui alimente les conflits.

Le rapport remis au Conseil de sécurité des Nations unies révèle que les différents belligérants continuent à recevoir des cargaisons illégales d'armes, parfois avec la complicité de pays membres de l'ONU. Ces armes, en plus d'attiser l'instabilité, ont «un impact négatif sur la situation sécuritaire de la Libye et sa transition politique», peut-on lire dans le document.

Les experts demandent que l'embargo sur les ventes d'armes en vigueur — mais dont est exempté le gouvernement — soit maintenu et renforcé.

Le rapport déplore que le gouvernement continue à verser leurs salaires «à des combattants actifs», même s'ils sont associés à des groupes terroristes. Les groupes armés et les organisations criminelles ont diversifié leurs sources de revenus, poursuit le document, notamment en ayant recours aux enlèvements et au trafic de migrants, de pétrole et de biens subventionnés.

Le rapport dénonce enfin que les sanctions imposées à d'anciens membres du régim de Khadafi soient toujours enfreintes, entre autres en ce qui concerne les gels d'actifs et les interdictions de voyager.