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11/03/2016 10:05 EST | Actualisé 12/03/2017 00:12 EST

Le film sur Chet Baker, «Born to Be Blue», prend des libertés avec l'histoire

TORONTO — Le grand trompettiste de jazz américain Chet Baker a eu beau composer de remarquables airs romantiques, ceux qui iront voir le film biographique «Born to Be Blue» ne seront pas nécessairement enchantés par le personnage.

Réputé aussi bien pour sa virtuosité à la trompette que pour sa voix émouvante (mais pas toujours juste), Chet Baker était par ailleurs un héroïnomane endurci, qui se souciait souvent davantage de sa prochaine dose que de ses proches — et le film du réalisateur et scénariste canadien Robert Budreau l'illustre fort bien.

«Born to Be Blue», sorti vendredi dans quelques salles, se penche sur une période noire de la carrière du musicien de jazz (Ethan Hawke), qui vient de se faire casser la mâchoire, ce qui l'empêchera de jouer pendant un moment, au milieu des années 1960. Durant cette période de réadaptation, il en profite aussi pour arrêter de consommer de l'héroïne.

Le film comprime toute cette période en une petite année, une ellipse qui ne sera pas la seule liberté prise par le scénariste.

Ainsi, Carmen Ejogo («Selma») interprète le rôle de Jane, une actrice qui sera centrale dans la réadaptation de Baker. Or, cette Jane n'a jamais existé; le personnage est plutôt un amalgame des femmes qui ont gravité à cette époque dans l'entourage du musicien, marié trois fois.

Ethan Hawke s'est beaucoup investi dans ce film: il souhaitait depuis des années interpréter le rôle de Baker, et il avait déjà discuté d'un projet de film avec son complice réalisateur Richard Linklater («Boyhood»). Grand admirateur de l'oeuvre de Chet Baker, Hawke ne voyait par ailleurs aucun inconvénient à prendre certaines libertés avec la «vérité historique».

«Les faits sont là. Il est décédé. On lui rend service. En racontant son histoire, on pourra, j'espère, saisir l'esprit du personnage», expliquait l'acteur lors de la première du film, en septembre dernier, au Festival de Toronto. «Ce qu'il souhaitait le plus au monde, c'était de vivre pleinement ce qu'il considérait être une 'vie de jazzman': la musique et la drogue. C'est ce qu'il voulait faire de sa vie — davantage que de soigner ses liens avec ses amis et sa famille.»

Pour le rôle, Hawke a dû apprendre à jouer de la trompette, même s'il en pince davantage pour la guitare. Ce qui a beaucoup impressionné sa partenaire Carmen Ejogo. «Je ne dis pas qu'il était bon (...) mais j'admire ce genre d'investissement dans un rôle.»