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11/03/2016 07:39 EST | Actualisé 12/03/2017 00:12 EST

La Fédération russe d'athlétisme ne peut être réintégrée pour l'instant

MONACO — La Fédération russe d'athlétisme n'en a pas encore assez fait pour réformer son programme de lutte contre le dopage pour permettre à ses athlètes de réintégrer les compétitions internationales, a statué la Fédération internationale d'athlétisme.

L'instance dirigeante du sport a révélé qu'on décidera probablement en mai si les athlètes russes seront réintégrés ou non à temps pour les Jeux olympiques de Rio de Janeiro au mois d'août.

Le président de l'IAAF, Sebastian Coe, en a fait l'annonce à la fin d'une réunion du conseil de deux jours à Monaco. Il a affirmé que la fédération russe (RUSAF) n'avait pas encore satisfait à toutes les conditions permettant à ses athlètes d'être réintégrés.

«Bien que des progrès ont été réalisés, le conseil a décidé à l'unanimité que les autorités russes doivent procéder à d'autres changements importants pour satisfaire aux conditions de réintégration, a déclaré Coe. La RUSAF ne devrait pas être rétablie au sein de l'IAAF pour l'instant. Le groupe de travail fera rapport à la prochaine réunion du conseil.»

La prochaine réunion aura eu lieu à une date non précisée en mai, où une décision finale est susceptible d'être prise quant à la participation des athlètes russes aux Jeux de Rio.

«Je pense que vous devriez conclure que ces décisions seront prises à ce moment-là», a ajouté Coe.

L'IAAF a suspendu la Russie en novembre à la suite d'un rapport indépendant d'un comité de l'Agence mondiale antidopage décrivant un système bien organisé de corruption et de dopage systématique couvert par les autorités du pays. L'IAAF a fixé une série de mesures que les Russes doivent respecter avant une possible réintégration.

Rune Andersen, responsable du groupe de travail de l'IAAF sur la Russie, a appuyé l'évaluation de Coe selon laquelle la Russie a encore un long chemin à franchir.

«Un des critères qui est très, très important, c'est de changer la culture du dopage en Russie, at-il dit. C'est le premier pas à faire.»

Des médaillés russes en athlétisme aux Jeux de Londres en 2012, huit ont depuis purgé des suspensions pour dopage ou sont suspendus provisoirement.

Outre les exigences de l'IAAF, l'AMA doit encore déclarer que l'agence antidopage et le laboratoire antidopage national sont en conformité avec ses règlements avant que le pays puisse revenir dans le giron international.

Le rapport initial de l'AMA faisait suite aux allégations faites dans un documentaire de la chaîne allemande ARD.

Le programme présentait le témoignage de Yulia Stepanova, une spécialiste du 800 mètres, qui a contribué à exposer le scandale de dopage. Elle espère être autorisée à participer aux Jeux olympiques, peut-être sous un drapeau différent. Stepanova et son mari, un ancien fonctionnaire antidopage, ont quitté la Russie en 2014 après avoir fourni des séquences en caméra cachée de possibles cas de dopage dans le documentaire de l'ARD.

Pendant sa conférence de presse, Coe a également ciblé l'Éthiopie, le Maroc, le Kenya, l'Ukraine et le Bélarus comme des «cas critiques» qui doivent impérativement améliorer leur programme antidopage.