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11/03/2016 03:50 EST | Actualisé 12/03/2017 00:12 EST

L'ONU dénonce une situation humanitaire «horrible» au Soudan du Sud

GENÈVE, Suisse — Le Soudan du Sud est en proie à une des situations des droits de l'homme les plus horribles de la planète, dénonce un rapport des Nations unies qui fait notamment état d'enfants et de personnes handicapées brûlés vifs et de femmes jetées en pâture à des combattants en guise de paiement.

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, a déploré vendredi que la crise qui frappe ce pays né il y a seulement cinq ans soit oubliée par la communauté internationale.

Son bureau a prévenu que les attaques lancées contre des civils, les disparitions forcées, les viols et les autres violences pourraient représenter des crimes de guerre ou des crimes contre l'humanité.

Le rapport onusien dévoilé vendredi a été compilé par une équipe d'évaluation déployée au Soudan du Sud entre octobre et janvier, et prévient que des «acteurs étatiques» sont essentiellement responsables des crimes.

Le document dit que M. Zeid recommande au Conseil de sécurité des Nations unies d'élargir les sanctions déjà en place en imposant un «embargo total sur les ventes d'armes» au Soudan du Sud. Le dossier pourrait aussi être transmis à la Cour pénale internationale si les démarches juridiques échouent.

Le rapport brosse un portrait brutal et sans merci de la situation. Il décrit ainsi des parents obligés d'assister au viol de leur enfants, ou encore des milices affiliées aux forces gouvernementales qu'on paie en leur permettant de voler du bétail ou même de violer des femmes et des filles.

«La quantité de viols et de viols collectifs décrits dans le rapport ne peut qu'être une fraction du total, a dit M. Zeid par voie de communiqué. Il s'agit d'une des situations des droits de la personne les plus horribles de la planète, où le viol est largement utilisé comme outil de terreur ou arme de guerre, et pourtant elle échappe plus ou moins au radar international.»

La situation des droits de la personne dans le pays s'est «dramatiquement détériorée» depuis que le Soudan du Sud a été plongé dans la guerre civile en décembre 2013, selon le rapport. La crise découle d'un conflit entre le président Salva Kiir et son ancien vice-président Riek Machar. Les deux hommes sont membres d'ethnies différentes.

Des dizaines de milliers de personnes ont été tuées et au moins deux millions d'autres chassées de chez elles.

Le rapport de 17 pages rappelle que le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, considérait dès mai 2014 qu'on avait des raisons de croire que des crimes contre l'humanité étaient perpétrés au Soudan du Sud. Démontrant le peu de progrès réalisés depuis ce moment, le rapport lance que «les meurtres, la violence sexuelle, les déplacements, la destruction et le pillage qui ont marqué le conflit pendant l'année 2014 se sont poursuivis sans relâche en 2015».

Les recommandations contenues dans les rapports remis précédemment au Conseil des droits de la personne, qui compte 47 membres, demeurent essentiellement sans effet.