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11/03/2016 02:44 EST | Actualisé 12/03/2017 00:12 EST

Kiev a demandé à des médecins allemands d'examiner Savtchenko en Russie

L'Ukraine a demandé à des médecins allemands d'examiner la pilote militaire ukrainienne Nadia Savtchenko, en grève de la faim depuis le 3 mars et dans l'attente de son jugement, a déclaré vendredi la diplomatie ukrainienne.

"Puisque les médecins ukrainiens n'ont pas eu accès (à la pilote), nous nous sommes adressés à des médecins allemands", a indiqué à l'AFP la porte-parole de la diplomatie ukrainienne, Maria Betsa.

La pilote, accusée du meurtre de deux journalistes russes dans l'est séparatiste de l'Ukraine à l'été 2014, refuse d'être examinée par les médecins russes. "Voilà pourquoi nous insistons pour que ce soient des médecins ukrainiens ou européens", a dit Mme Betsa.

Un groupe de médecins ukrainiens envoyé par Kiev se trouve depuis plusieurs jours à Rostov-sur-le-Don, dans le sud de la Russie, mais n'a toujours pas reçu l'autorisation des autorités russes pour visiter Mme Savtchenko, a-t-elle dit.

"Nous insistons sur cette autorisation car l'arrêt de la grève de la soif doit se dérouler sous la surveillance des médecins", a poursuivi la porte-parole, selon laquelle la santé de la pilote s'est "brusquement détériorée" ces derniers jours.

Un des avocats russes de l'Ukrainienne, Nicolaï Polozov, est allé jusqu'à évoquer sur sa page Facebook vendredi la situation "critique" de sa cliente, qui avait déjà observé l'an dernier une grève de la faim de 80 jours.

Elle avait commencé une grève de la faim et de la soif le 3 mars. Mais depuis jeudi, elle s'est remise à s'hydrater tout en poursuivant sa grève de la faim.

"Son vieux problème de calculs rénaux a été aggravé par le stress provoqué par la grève (...). La fièvre qui ne baisse pas depuis plusieurs jours témoigne d'une inflammation grave de ses organes internes", a-t-il assuré. "La vie et la santé" de Nadia Savtchenko "se détériorent sous nos yeux. Le temps est compté", a-t-il ajouté.

Mme Savtchenko, 34 ans, est accusée d'avoir fourni à l'armée ukrainienne la position de deux journalistes russes tués par un tir de mortier dans l'est de l'Ukraine en juin 2014. Elle rejette ces accusations, assurant avoir été capturée par des rebelles prorusses au moins une heure avant les faits, puis livrée à la Russie.

Moscou affirme pour sa part avoir arrêté sur le territoire russe la pilote d'hélicoptère, devenue héroïne nationale en Ukraine et dont Kiev et les Occidentaux appellent à la libération "immédiate".

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