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11/03/2016 11:45 EST | Actualisé 12/03/2017 00:12 EST

Il faut faire "bien plus" en Grèce pour l'accueil des migrants, Washington prêt à aider (responsable américaine)

Il faut faire "bien plus" en Grèce pour l'accueil des migrants, et les Etats-Unis examinent le déblocage d'une "aide humanitaire urgente" pour y contribuer, a déclaré vendredi à Athènes la secrétaire d'État adjointe américaine, Victoria Nuland.

La Commission européenne a pour sa part réaffirmé au même moment son soutien au pays.

Mme Nuland, qui rendait compte d'une visite jeudi au camp improvisé et débordé d'Idomeni, à la frontière gréco-macédonienne, a plaidé pour "l'ouverture de plus de centres (d'accueil) afin que les gens puissent comprendre les possibilités qui leur sont offertes" pour leur répartition dans l'UE.

"Il faut faire bien plus", a-t-elle ajouté, annonçant que la Grèce avait adressé à Washington "des demandes directes d'aide". "Nous espérons ces prochains jours pouvoir annoncer une soutien humanitaire urgent".

"Ma visite visait à mieux comprendre les défis ici, mieux comprendre comment les Etats-Unis peuvent aider la Grèce à faire face, et exprimer notre solidarité", a souligné Mme Nuland.

"Il est temps (pour les migrants) d'être mieux hébergés (...) alors que nous travaillons à la mise en oeuvre des accords" au niveau européen, discutés entre l'UE et la Turquie visant à reprendre le contrôle des flux migratoires, a-t-elle insisté.

Elle a cité en modèle "qui doit être suivi" le centre d'accueil de Diavata, près de Thessalonique, dans le nord de la Grèce. Le camp d'Idomeni, où se pressent quelque 12.000 réfugiés depuis le bouclage de la route des Balkans, offre un "contraste frappant" avec ce centre, a-t-elle déploré, relevant y avoir vu "sous la pluie et dans la boue des familles dans une situation vraiment désespérée".

Interrogée sur l'ébauche d'accord, notamment contesté par l'ONU, entre UE et Turquie pour le renvoi dans ce pays des tous les migrants traversant l'Égée, y compris les demandeurs d'asile syriens, Mme Nuland est restée prudente: "Nous souhaitons un système qui soit juste, clair et transparent afin de pouvoir en soutenir la mise en oeuvre tant au niveau européen qu'entre l'UE et la Turquie".

Le commissaire européen chargé de l'Aide humanitaire, Christos Stylianides, a pour sa part réaffirmé le soutien européen à la Grèce, et souligné la nécessité "de la coordination des actions" entre les instances européennes et les autorités grecques pour que l'aide aux réfugiés et migrants, "soit efficace", à l'issue d'une rencontre avec le Premier ministre grec, Alexis Tsipras.

L'aide humanitaire d'urgence promise au pays par l'UE "sera entérinée lors d'une prochaine séance du Parlement européen à la mi-avril", a-t-il assuré.

En visite à Paris, M. Tsipras a estimé vendredi soir que la situation du camp d'Idomeni était "une honte pour la civilisation européenne".

La Grèce, qui se trouve "face à un poids extrêmement important", a "déjà accompli sa part d'obligation", a estimé le Premier ministre grec lors d'une conférence de presse organisée à l'occasion d'une rencontre vendredi soir avec le numéro un du Parti communiste français, Pierre Laurent et des eurodéputés de gauche d'autres pays européens. "Nous avons déjà créé 50.000 places d'accueil pour les réfugiés" et "nous construisons 10.000 places supplémentaires par semaine", a-t-il souligné.

La Grèce, où se pressent actuellement plus de 40.000 migrants et réfugiés, a demandé à se voir attribuer 480 millions d'euros de cette aide humanitaire inédite proposée par l'UE pour un montant de 700 millions afin d'aider ses États membres en première ligne de la crise migratoire.

Sur le total des 700 millions d'euros, "300 millions d'euros seront alloués en 2016, et deux tranches de 200 millions en 2017 et 2018 ", a détaillé le commissaire. "D'autres sommes sont prévues" pour "soutenir" la Grèce dans le cadre du budget UE.

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