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11/03/2016 12:59 EST | Actualisé 12/03/2017 00:12 EST

Hillary Clinton s'excuse après avoir salué le travail de Nancy Reagan contre le sida

Hillary Clinton a présenté ses excuses vendredi après avoir affirmé que Nancy Reagan, décédée dimanche, s'était engagée dans la lutte contre le sida, alors que l'administration du président Ronald Reagan a mis plusieurs années avant de financer la lutte contre le nouveau virus.

"Grâce au président et à Mme Reagan, en particulier Mme Reagan, nous avons démarré une conversation dans le pays, quand personne n'en parlait. Personne ne voulait rien faire", a dit Hillary Clinton, qui a assisté aux obsèques de l'ancienne Première dame vendredi en Californie, dans une interview à MSNBC. "J'aime son engagement très discret, cela a pénétré la conscience collective et les gens ont commencé à dire: +nous devons faire quelque chose+".

La remarque a fait bondir les militants de la lutte contre le sida, qui accusent depuis trois décennies le président républicain Ronald Reagan (1981-1989) d'avoir été indifférent au début de l'épidémie, durant son premier mandat.

Quelques heures plus tard, Hillary Clinton a corrigé le tir sur Twitter, écrivant: "Bien que les Reagan aient défendu la recherche sur les cellules souches et pour guérir la maladie d'Alzheimer, j'ai fait une erreur sur ce qu'ils ont fait contre le VIH et le sida. Pour cela, je suis désolée".

"Bien que je respecte son engagement dans des sujets comme les cellules souches et la maladie de Parkinson, Nancy Reagan n'était, tristement, pas une héroïne de la lutte contre le VIH et le sida", avait écrit plus tôt Chad Griffin, président de la grande organisation pour les droits des homosexuels Human Rights Campaign, sur Twitter.

Ronald Reagan n'a prononcé le mot "sida" pour la première fois en public qu'en septembre 1985, interrogé lors d'une conférence de presse sur la nécessité d'un effort budgétaire pour lutter contre le virus. Les associations critiquaient alors la faiblesse des crédits de recherche contre la maladie, anciennement appelée "cancer gay" ou "peste gay".

"Les gens sont morts parce que l'administration Reagan a fait la sourde oreille aux appels des scientifiques gouvernementaux et refusé d'allouer des crédits pour la recherche contre le sida jusqu'à ce que l'épidémie s'étende à tout le pays", a écrit dans le livre de référence sur l'histoire du début de l'épidémie, "And the Band Played On", le journaliste Randy Shilts, décédé en 1994.

"Déjà, beaucoup disaient que Ronald Reagan passerait à la postérité pour une chose avant toute autre: il est l'homme qui laissa le sida dévaster l'Amérique, le leader d'un mouvement qui, mis au défi d'agir, a placé la politique avant la santé des Américains", écrit l'auteur.

ico/elm