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10/03/2016 20:45 EST | Actualisé 11/03/2017 00:12 EST

GB: 20 ans après un massacre dans une école, les survivants défendent l'interdiction des armes

Vingt ans après le massacre de l'école écossaise de Dunblane, les survivants et les familles des 16 enfants tués veulent espérer que l'interdiction des armes décrétée depuis au Royaume-Uni ne soit jamais remise en cause et serve d'exemple aux Etats-Unis.

"Célébrons le changement du pays vis-à-vis des armes (...) et espérons que le bon sens l'emportera finalement dans les autres parties civilisées du monde, en particulier aux Etats-Unis", a déclaré Malcolm Robertson, qui était dans l'école au moment du drame.

Aux Etats-Unis, la violence par armes à feu tue chaque année 30.000 personnes. En Angleterre et au pays de Galles, pour la période 2013/14, 29 personnes sont mortes de blessures par balles.

Malcolm Robertson a également émis le souhait que cet anniversaire soit l'occasion de célébrer la manière dont la communauté locale était restée soudée après le drame.

Le 13 mars 1996, 16 écoliers âgés de cinq et six ans et leur institutrice ont été tués en quelques minutes dans l'école primaire de Dunblane, une bourgade de 10.000 habitants du centre de l'Écosse.

Le tueur, Thomas Hamilton, un déséquilibré de 43 ans, s'était introduit dans le gymnase de l'établissement armé de quatre armes légalement acquises avant de faire feu sur l'institutrice et le groupe d'enfants réunis là.

L'auteur de ce qui est encore aujourd'hui l'une des plus grandes tueries du Royaume-Uni s'était ensuite suicidé.

Quinze autres personnes, essentiellement des enfants, avaient été blessées. Parmi ceux qui s'en sont sortis indemnes figure le futur champion de tennis Andy Murray, alors âgé de 8 ans. Il s'était caché avec son frère aîné sous une table dans le bureau du directeur.

- Un tournant dans le contrôle des armes -

Le numéro deux mondial de tennis affirme qu'il a un souvenir parcellaire de ce jour et qu'il était trop jeune pour comprendre ce qui se passait.

Mais il fond en larmes dès que le sujet revient sur la table.

"Je ne veux pas revenir sur le passé", a-t-il écrit dans son autobiographie, ajoutant: "j'aurais pu être l'un de ces enfants".

Ce drame qui avait horrifié le Royaume-Uni, a conduit les Premiers ministres John Major puis Tony Blair à mettre en place des législations en matière de contrôle des armes parmi les plus strictes au monde.

A la fin de l'année 1997, de nouvelles lois interdisaient ainsi la possession d'armes de poing.

Près de 23.000 armes à feu et 700.000 munitions avaient été rendues par la population lors d'une amnistie nationale.

A Dunblane, rien n'est prévu pour marquer le triste anniversaire. Chaque jour est empreint de souvenirs, constate l'un des parents d'une jeune victime.

Mick North, dont la fille Sophie a été tuée dans l'école, milite en faveur du contrôle des armes à feu. Il estime que la tragédie a représenté un tournant pour le pays dans son rapport aux armes.

"Est-ce que nous et nos enfants sommes plus en sécurité vis-à-vis des armes? La réponse est définitivement oui", dit-il.

Pour Isabel Wilson, dont la fille Mhairi est morte dans la tuerie, "il est crucial qu'ils (les victimes) ne soient pas oubliés".

"Je pense que le mieux que je puisse faire au nom de Mhairi est de m'assurer que le Royaume-Uni et l'Écosse aient une attitude intelligente vis-à-vis de la possession d'armes et que nos lois soient sévères" sur le sujet, a-t-elle ajouté sur la BBC.

Elle craint toutefois une recrudescence de la possession d'armes à feu et s'inquiète toujours de la sécurité dans les écoles.

"Malheureusement, je pense qu'il y aura un autre Dunblane et que ça aura lieu de mon vivant. Je suis très pessimiste sur le sujet", a-t-elle dit à la télévision écossaise STV.

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