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11/03/2016 01:27 EST | Actualisé 12/03/2017 00:12 EST

France: le Kazakh Moukhtar Abliazov, menacé d'extradition vers la Russie, reste en prison

La justice française a refusé vendredi de remettre en liberté le Kazakh Moukhtar Abliazov, détenu depuis plus de deux ans et demi et sous le coup d'un décret d'extradition vers la Russie qu'il conteste.

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Lyon a fait valoir "un risque de fuite ou de disparition" de cet ancien banquier et opposant politique de 52 ans, que le Kazakhstan, la Russie et l'Ukraine accusent d'avoir détourné des milliards de dollars et qui a toujours dit craindre pour sa vie s'il était extradé.

La banque kazakhe BTA, qu'il dirigeait, a déposé plusieurs plaintes contre lui mais seules l'Ukraine et la Russie ont réclamé son extradition à la France, en l'absence de convention d'extradition avec le régime d'Astana.

Le Premier ministre Manuel Valls a signé le 17 septembre un décret d'extradition de M. Abliazov vers la Russie et sa défense a engagé un recours devant le Conseil d'État, plus haute juridiction administrative, qui n'a pas encore rendu son arrêt.

Moukhtar Abliazov est détenu depuis son arrestation par la police, le 31 juillet 2013, dans le sud de la France. Soit "deux ans, sept mois et huit jours", délai d'autant moins "raisonnable" que "la France n'a strictement rien à lui reprocher", avait souligné sa défense mardi devant la cour d'appel de Lyon.

Durant cette audience, à laquelle il avait participé en visio-conférence depuis sa prison, M. Abliazov avait fourni des garanties de représentation, dont une adresse à Paris.

Garanties jugées "insuffisantes" par la chambre de l'instruction, qui a rappelé dans son arrêt que le détenu avait fui la Grande-Bretagne avant d'être arrêté en France en possession d'un passeport diplomatique centrafricain, sous une nouvelle identité.

"Ce qui démontre qu'à cette date, il avait l'intention de se soustraire aux recherches internationales dont il faisait l'objet", a jugé la cour en écartant la possibilité de placer M. Abliazov sous contrôle judiciaire ou surveillance électronique, comme sa défense l'a demandé.

"Nous saluons la décision de la cour aujourd'hui de rejeter la demande de libération sous caution déposée par Moukhtar Abliazov, fugitif au Kazakhstan et en Angleterre. Il a en effet, et de manière continue, démontré son mépris à l'égard des lois le tenant responsable de ses fraudes", a réagi dans un communiqué la banque BTA.

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