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11/03/2016 01:54 EST | Actualisé 12/03/2017 00:12 EST

En Thaïlande: la junte "en mode panique" (ex-Premier ministre)

Un ex-Premier ministre thaïlandais conservateur a jugé vendredi que la junte au pouvoir depuis un coup d'Etat en mai 2014 était désormais "en mode panique", ajoutant ses critiques à celles de la bête noire du régime, son rival Thaksin Shinawatra.

"En dépit de deux années de calme relatif et des initiatives prises par le gouvernement actuel, il y a eu trop peu de progrès, et maintenant ils sont quasiment en mode panique", a déclaré Abhisit Vejjajiva, Premier ministre de 2008 à 2011 et chef du parti Démocrate, la formation traditionnelle des élites conservatrices comme l'armée.

"Au regard de ce qui s'est déjà passé, je ne suis pas sûr qu'ils puissent dire qu'ils font mieux que les politiques", a critiqué Abhisit, dans une rare critique frontale du gouvernement militaire, lors d'un forum économique à Bangkok.

La junte militaire est en effet sous le feu des critiques pour sa mauvaise gestion de l'économie du royaume, atone, avec notamment une chute des investissements étrangers.

Abhisit s'est même attaqué directement au très sanguin chef de la junte, le général Prayut Chan-O-Cha. "Pour ce qui est des réalisations concrètes, je crois que même les gens qui le soutiennent ont du mal à identifier ce qu'il a apporté", a-t-il lancé.

Cette sortie survient deux jours après des déclarations de l'ex-Premier ministre thaïlandais Thaksin Shinawatra, en exil auto-imposé depuis un coup d'Etat militaire en 2006.

Les deux adversaires politiques se rejoignent dans leurs critiques de la gestion de l'économie.

Interrogé par l'AFP sur un possible rapprochement avec Thaksin, dont les formations remportent toutes les élections nationales depuis 2001, au grand dam des conservateurs, Abhisit a cependant botté en touche.

Il s'est dit prêt à rencontrer ses rivaux politiques "s'ils regardent plus loin que les intérêts de la famille Shinawatra et de l'agenda de Thaksin", a-t-il dit, alors que la junte promet des élections pour 2017.

Après deux ans de quasi silence depuis le coup d'Etat, les acteurs politiques commencent à relever la tête en Thaïlande, malgré l'interdiction de tout rassemblement politique et les convocations des détracteurs à des "discussions" avec les militaires.

jta-dth/ros