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11/03/2016 08:42 EST | Actualisé 12/03/2017 00:12 EST

Crise agricole: la France estime avoir rallié une majorité de gouvernements de l'UE

La France estime avoir rallié une majorité de gouvernements européens à son analyse de la crise agricole qui touche principalement le lait et le porc, a indiqué vendredi son ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, à trois jours d'une réunion à Bruxelles avec ses homologues.

"J'ai reçu un écho favorable de la part de la plupart des ministres que j'ai rencontrés. La France a fait prendre conscience à tous de la crise que traverse l'Europe", a déclaré M. Le Foll devant la presse, affirmant aussi que le commissaire européen à l'Agriculture, l'Irlandais Phil Hogan, "partage aujourd'hui l'analyse" de Paris.

Le ministre français, confronté dans son pays à un mouvement de colère des agriculteurs, a multiplié ces derniers jours les contacts avec ses homologues de Belgique, Allemagne, Slovénie, Espagne, Italie, Autriche, Portugal et Roumanie.

De retour vendredi de Slovénie et des Pays-Bas, qui président actuellement l'Union européenne, il avait entamé la semaine par une visite en Allemagne où il s'est félicité d'une "position commune" aux deux pays.

Celle-ci consistera notamment à réclamer des mesures pour "stabiliser puis réduire" la production de lait, dont les niveaux exceptionnels contribuent à faire effondrer les prix. La France souhaite un relèvement des niveaux de stockage pour la poudre de lait, de 109.000 à 160.000 tonnes (pour l'ensemble des 28 Etats membres de l'UE) et une dérogation temporaire aux règles de la concurrence autorisant les Etats à limiter la production.

"Outre l'Allemagne, l'Espagne, l'Italie et la Slovénie y sont favorables" a-t-il dit.

Sur le porc, les mesures consisteraient en un renforcement de l'aide au stockage privé et à un relèvement du plafond des aides ministérielles, de 15.000 à 30.000 euros sur trois ans. La levée de l'embargo sanitaire russe sur le porc relève de négociations politiques "au plus haut niveau", a-t-il prévenu.

En face, la France devrait se heurter à l'Irlande, à la Suède et au Danemark, qui ont beaucoup augmenté leur production laitière, et au Royaume-Uni, hostile aux mesures d'intervention. "Ces pays ne partagent pas le constat d'une surproduction: ils estiment que subsisteront ceux qui peuvent assumer des prix extrêmement bas", a expliqué M. Le Foll.

La réunion des ministres européens de l'Agriculture de lundi suit une précédente à l'issue de laquelle chaque pays avait été appelé à émettre des propositions.

Le président français François Hollande a réclamé la semaine passée que les prochaines discussions à Bruxelles débouchent sur des décisions engageant "immédiatement les pays européens".

L'agriculture française est la plus importante de l'UE avec 18% de la production communautaire, selon Eurostat.

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