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11/03/2016 16:22 EST | Actualisé 12/03/2017 00:12 EST

Colombie: pessimisme en hausse sur le processus de paix (sondage)

Le pessimisme des Colombiens quant au succès du processus de paix en cours avec la guérilla des Farc a augmenté à 66%, soit six points de plus qu'à la fin 2015, selon un sondage publié vendredi.

En décembre 60% des Colombiens interrogés ne croyaient pas à la possibilité de conclure la paix contre 52% au mois d'octobre, relève cette enquête intitulée "Colombia Opina" (la Colombie donne son avis) publiée par des médias locaux.

Selon l'institut Ipsos Napoleon-Franco qui a effectué le sondage, c'est la première fois que le pessimisme à propos du processus de paix est si élevé depuis avril 2015, lorsque 11 militaires avaient été tués dans le Cauca (sud-ouest) dans une attaque des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes).

Ce résultat est "très probablement" influencé par la perception négative qu'ont exprimé 74% des interrogés à propos de l'acte politique mené par des chefs des Farc, sous escorte de guérilleros armés, le 18 février dernier dans la localité d'El Conejo, département de La Guajira (nord), et qui avait provoqué un impasse dans les négociations de paix menées depuis fin 2012

Cependant, 55% des sondés estiment que le gouvernement du président Juan Manuel Santos doit continuer les pourparlers avec les Farc, contre 45% qui considèrent qu'il doit "arrêter et combattre" militairement la guérilla. En octobre, 67% optaient plutôt pour le dialogue.

Cette enquête montre en outre une chute de la popularité du chef de l'Etat, qui a fait de la paix son principal objectif depuis son premier mandat entamé en 2010.

Au total 73% des personnes interrogées ont une opinion défavorable du président et seulement 25% lui sont favorables, soit le pire résultat depuis son arrivée au pouvoir. En outre 70% désapprouvent la manière dont le présidente gère le processus de paix.

L'optimisme des Colombiens a aussi diminué quant à l'ouverture de négociations avec l'Armée de libération nationale (ELN, guévariste), l'autre guérilla, à 52% contre 57% en octobre.

Ce sondage a été mené auprès de 1.008 personnes dans 13 villes du pays entre le 4 et le 6 mars, avec une marge d'erreur estimée à 3,1%.

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IPSOS