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11/03/2016 05:25 EST | Actualisé 12/03/2017 00:12 EST

Azerbaïdjan : maintien de l'interdiction de sortie de territoire pour une militante des droits de l'Homme

La justice azerbaïdjanaise a maintenu vendredi l'interdiction de sortie du territoire pesant sur la militante des droits de l'Homme Leyla Yunus et son mari Arif qui souhaitaient se rendre à l'étranger pour des soins médicaux, quelques mois après leur libération de prison pour problèmes de santé.

"La cour d'appel de Bakou a refusé d'autoriser la famille Yunus à quitter l'Azerbaïdjan pour un traitement médical en Allemagne", a déclaré à l'AFP l'avocat du couple, Elchin Sadykov.

La justice a ainsi rejeté une plainte de Leyla Yunus et de son mari, qui s'étaient vu interdire de voyager à l'étranger début février, a-t-il précisé.

"Ce jugement constitue une violation des droits de mes clients tels qu'inscrits dans la Convention européenne des droits de l'Homme, le droit à la vie et l'interdiction de la torture", a souligné l'avocat, ajoutant qu'il allait faire appel de cette décision.

Condamnée en août dernier pour "escroquerie" et "fraude fiscale", Leyla Yunus, 60 ans, qui souffre selon ses avocats d'une nécrose du foie, d'hépatite C et de diabète, a été libérée en décembre, sa condamnation ayant été commuée de huit ans et demi de prison ferme à la même peine avec sursis.

Son époux, Arif Yunus, 61 ans, avait quant à lui été condamné à sept ans de prison pour les mêmes motifs avant d'être libéré en novembre en raison de sa mauvaise santé.

Leyla Yunus, directrice de l'Institut pour la paix et la démocratie, et son mari, analyste politique réputé, avaient été arrêtés en 2014 pour "trahison" et "fraude fiscale", des accusations que le couple rejette.

La justice accusait notamment Leyla Yunus d'espionnage au profit de l'Arménie et de tentative de "propagande visant à faire reconnaître le régime du Nagorny-Karabakh", une région séparatiste que se disputent depuis des décennies l'Arménie et l'Azerbaïdjan.

Plusieurs ONG, parmi lesquelles Human Rights Watch (HRW), avaient appelé à de multiples reprises à la libération de cette femme qui milite depuis plusieurs années en faveur de la réconciliation entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan.

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