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10/03/2016 06:36 EST | Actualisé 11/03/2017 00:12 EST

S'informer pour bien performer, le secret de Kingsbury

BILLET - Avant mes courses, j'ai ma petite routine. J'essaie toujours d'arriver en haut de la piste quand il reste environ une dizaine de skieurs avant moi. J'enlève mes skis et les place toujours au même endroit durant toute la journée. Ensuite, je vais m'installer et je regarde un peu la course, toujours au même endroit aussi.

Un texte de Mikaël Kingsbury

J'essaie de ne pas trop penser à mes affaires, je fais juste regarder la course. Quand il y a environ six coureurs avant moi, j'attache mes bottes et mes entraîneurs nettoient mes skis. Je fais deux petites visualisations de ma descente, puis je parle avec mon entraîneur de ma stratégie. Ensuite, on parle de tout et de rien en attendant que les skieurs avant moi s'élancent.

Quand il ne reste qu'un athlète à passer, je visualise à nouveau ma descente, puis je m'appuie sur mes bâtons. J'attends que le skieur fasse le saut du haut avant de m'installer au sommet du parcours.

À ce moment, c'est l'heure de partir. Une fois rendu dans le portillon de départ, je sais qu'il n'y a plus de retour en arrière possible. Ce n'est plus le temps de me dire ce que je dois faire, je le sais déjà. J'attends donc le signal de départ et j'y vais.

Faire preuve de stratégie

Quand les compétitions sont vraiment serrées, j'essaie davantage de suivre les temps et les pointages de mes compétiteurs. Ainsi, je sais comment m'adapter en vue de ma descente.

Je tente de trouver un moyen de gagner à l'entraînement les jours avant mes compétitions. Je me fais tout plein de scénarios. J'ai pratiqué, par exemple, une descente au fond, le plus vite que je peux, une descente moyenne, une quand même lente avec mes sauts... Et mes entraîneurs sortent toujours les pointages de mes descentes, donc je sais toujours où je me situe.

Durant la compétition, je suis les temps des autres afin de me préparer. Je vous donne un exemple. Si j'entends que Matt Graham a skié en 23 secondes et qu'il a eu 87 points, je vais m'ajuster en conséquence. Je sais que je suis capable de skier dans les 22 secondes, donc je vais juste aller un peu plus vite que lui et je vais faire des sauts un peu plus difficiles que lui, en essayant de ne pas faire d'erreurs. En faisant ça, je sais que mon pointage va être plus élevé.

Je m'adapte comme ça. Si le temps de quelqu'un a été extrêmement rapide, mais que son pointage n'est pas 80, je sais qu'il a fait des erreurs. Donc, ça ne sert à rien de skier à cette vitesse. Je sais que j'ai la vitesse dans ma poche arrière. C'est toujours la dernière arme que je vais sortir, plus dans les duels qu'en simple. La fois où je vais en avoir besoin en simple, je sais que je l'ai.

C'est pour ça que des fois, je dis souvent que je sais quoi faire pour gagner. Tout est assez planifié! J'ai une bonne écoute de la compétition et je sais exactement ce que j'ai à faire quand je suis en haut du parcours.

Il y a plusieurs athlètes qui n'écoutent pas la compétition. Tout le monde a sa stratégie. Pour certains, ça les stresse trop de savoir ce qu'ils ont besoin de faire. Ils font seulement leur descente en espérant qu'elle a été assez bonne. Moi, j'ai besoin de savoir pour performer.

(Avec la collaboration de Sportcom)