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10/03/2016 09:29 EST | Actualisé 11/03/2017 00:12 EST

Réfugiés: Merkel a "moralement et politiquement raison" (chef diplomatie française)

Le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault, prenant le contrepied du chef du gouvernement Manuel Valls, a estimé jeudi que la chancelière allemande Angela Merkel avait "moralement et politiquement raison" d'ouvrir les portes de son pays aux réfugiés syriens.

"Je pense que lorsqu'elle se fixe sur ce principe du droit d'asile, elle a à la fois moralement et politiquement raison", a déclaré M. Ayrault dans une interview à la chaîne d'information en continu iTÉLÉ.

"Après, la situation de l'Allemagne n'est pas la même (que celle de la France). C'est un pays qui a des besoins de main d'oeuvre (..) qui a une capacité d'accueil sans doute plus grande", a-t-il ajouté.

Manuel Valls a fait grincer des dents, jusque dans son camp, en déclarant en février lors d'un déplacement en Allemagne que la politique d'ouverture aux réfugiés de la chancelière était "temporairement justifiée" mais "pas tenable dans la durée".

Il avait alors ironisé sur le changement de climat sur la question, y compris en Allemagne, après le concert de louanges dont Mme Merkel avait d'abord été l'objet. "Il y a quelques mois, les médias français demandaient :+Où est la Merkel française ?+ ou voulaient donner le prix Nobel à la chancelière. Aujourd'hui, je constate les résultats", avait-il dit.

Jean-Marc Ayrault, Premier ministre de 2012 à 2014, a aussi insisté sur la nécessité pour la France d'accueillir des réfugiés, un "droit sacré" selon lui, et pour les responsables politiques d'expliquer cet enjeu à une opinion légitimement "inquiète".

"Si on n'explique pas les choses, la confusion s'installe dans les esprits, des angoisses et aussi des exploitations politiques, l'extrême droite, les conservateurs qui exploitent les peurs", a-t-il dit.

Un certain nombre de responsables politiques, y compris dans la majorité, jugent ce sujet explosif à un an de l'élection présidentielle.

Pour M. Ayrault, les Français accepteront d'autant plus aisément d'accueillir des réfugiés si les responsables politiques se montrent "pédagogues".

Il faut aussi leur expliquer que ceux qui "ne bénéficient pas du droit d'asile (migrants économiques) n'ont pas vocation à rester", a-t-il dit à des journalistes en marge d'un déplacement au Caire.

"Si l'on distingue bien les deux, je crois que les Français sont capables de comprendre que le droit d'asile c'est quelque chose de sacré", a-t-il souligné.

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