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10/03/2016 12:33 EST | Actualisé 11/03/2017 00:12 EST

Présidentielle au Niger: le second tour aura lieu même sans l'opposition (Commission électorale)

Le président de la Commission électorale nationale indépendante du Niger (Céni), a affiché jeudi sa "détermination" à organiser le second tour de l'élection présidentielle prévue le 20 mars, même sans l'opposition.

"Nous sommes déterminés à organiser ces élections le 20 mars (...) donc ce n'est pas le retrait (éventuel de Hama Amadou, candidat de l'opposition, actuellement emprisonné, ndlr) qui va nous empêcher" et "nous avons des délais constitutionnels à respecter", a déclaré Boubé Ibrahim, président de la Céni, lors d'un point de presse à Niamey.

"Nous oeuvrons pour éviter un vide institutionnel aux conséquences imprévisibles", a-t-il expliqué.

Selon M. Ibrahim "rien ne va perturber" la tenue du second tour qui "aura bel et bien lieu à la date prévue".

L'opposant Hama Amadou, écroué depuis novembre dans une affaire controversée de trafic d'enfants, devait affronter le président sortant Mahamadou Issoufou (64 ans), lors de ce second tour. Il avait mené la campagne du premier tour depuis sa cellule, sans pouvoir s'adresser publiquement à ses partisans.

Mais l'opposition politique réunie au sein de la COPA 2016 (Coalition de l'opposition pour l'alternance) a décidé mardi de "suspendre sa participation au processus électoral en cours", demandant "à ses représentants de se retirer de la Céni", le maître d'oeuvre des élections.

Selon Boubé Ibrahim, il s'agit d'une "déclaration qui n'est (encore) matérialisée par aucun acte de désistement", notamment du candidat de l'opposition.

Il a précisé que tout candidat dispose "de 72 heures après la proclamation" des résultats définitifs du premier tour pour notifier son désistement. Ce "délai expire" ce soir jeudi "à 23 heures", a-t-il noté.

Conformément à une alliance signée avant le premier tour, la COPA 2016 qui comprend les principaux opposants, s'est unie autour d'Hama Amadou qui a obtenu 17,73% des suffrages, lors du premier tour contre 48,43% au président sortant Mahamadou Issoufou, qui a frôlé la victoire. En faisant des projections arithmétiques et en comptant sur des reports parfaits des scores du 1er tour, Issoufou l'emporterait largement au 2e tour.

La COPA, qui s'était montrée très critique du 1er tour accusant le régime de "fraude" a notamment justifié le boycott par l'absence de "proclamation officielle" des résultats du 1er tour du 21 février, le non-respect de la durée de la campagne électorale et "l'iniquité de traitement entre les deux candidats".

"Ils (les opposants) se retirent parce qu'ils ne peuvent pas gagner. C'est désolant (...) A vrai dire, cela ne nous surprend pas. Les principaux candidats significatifs se sont ralliés à M. Issoufou", avait réagi mardi le ministre de l'Intérieur Hassoumi Massaoudou, un proche du président Issoufou.

Pour Mouassa Tchangari, figure de la société civile nigérienne et opposant notoire à Issoufou, "une crise s'installe" au Niger. "Ce n'est pas une situation dont on peut se réjouir, même si on peut comprendre que l'opposition est plus ou moins fondée à le faire", a-t-il déclaré à l'AFP mercredi.

Plus de 7,5 millions d'électeurs s'étaient rendus aux urnes lors du premier tour dans ce pays sahélien de 18 millions d'habitants, parmi les plus pauvres de la planète et vivant sous la menace des groupes jihadistes.

La campagne électorale pour le 1er tour du scrutin a été marquée par des violences entre partisans du président et opposants qui contestent la régularité du fichier électoral. Elle a été précédée de l'arrestation de personnalités et de l'annonce d'un putsch raté par le pouvoir.

Le président Issoufou avait alors espéré une victoire dès le 1er tour, assurant s'appuyer sur un bilan "réussi", une sécurité retrouvée et un programme "copié par l'opposition". Celle-ci avait dénoncé la mauvaise gouvernance et souligné l'incapacité à enrayer la pauvreté dans le pays, classé parmi les derniers de la classe à l'indice de développement humain.

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