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10/03/2016 13:32 EST | Actualisé 11/03/2017 00:12 EST

Portugal: Bruxelles attend des réformes mais "ne donne pas de leçons" (Moscovici)

Le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, a appelé jeudi le Portugal à adopter des réformes structurelles visant à réduire l'endettement élevé du pays, tout en assurant que Bruxelles n'allait pas "s'immiscer dans les politiques nationales" du pays.

"Nous ne donnons pas de leçons et n'allons pas nous immiscer indûment dans des politiques nationales, mais nous prodiguerons des conseils", a-t-il déclaré à la presse à Lisbonne à l'issue d'un entretien avec le ministre portugais des Finances, Mario Centeno.

La Commission européenne et le Portugal "travailleront ensemble pour établir un programme national de réformes fort et solide" d'ici avril et "construire une +success story+ positive pour le peuple portugais", a poursuivi M. Moscovici.

"Le Portugal a déjà parcouru un long chemin" depuis son appel à une aide internationale en 2011, "la reprise de l'économie est en cours", mais le pays "reste exposé à des risques dans un climat économique mondial fragile", a-t-il relevé.

Interrogé sur le nouveau train de mesures de rigueur réclamé par Bruxelles en cas de dérapage budgétaire, il a déclaré: "Nous n'avons pas discuté de mesures supplémentaires" car "le budget 2016 est en train d'être adopté" par le Parlement portugais, majoritairement à gauche.

Le 11 février, les ministres des Finances de la zone euro avaient demandé au Portugal de préparer des mesures supplémentaires pour rester dans les clous du pacte de stabilité et M. Centeno s'y était engagé.

La Commission européenne "s'est limitée à dire que nous devions avoir des mesures" prêtes "en cas de nécessité", a affirmé jeudi soir le Premier ministre socialiste Antonio Costa, qui avait lui aussi rencontré M. Moscovici dans la journée.

"Il n'y a pas de plan B à l'horizon", a-t-il insisté, se disant "confiant" dans la capacité du Portugal à respecter ses objectifs en appliquant l'actuel projet de budget.

Bruxelles avait approuvé début février le budget portugais mais a pointé un risque de "non-conformité" avec les exigences du pacte de stabilité, programmant une nouvelle évaluation en mai.

Selon le quotidien Diario Economico, Lisbonne doit présenter d'ici là de nouvelles mesures de rigueur évaluées à 700 millions d'euros.

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