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10/03/2016 06:39 EST | Actualisé 11/03/2017 00:12 EST

Paris coule-t-il? Exercice grandeur nature en cas de crue majeure

Et si Paris revivait la crue exceptionnelle de la Seine en 1910, avec des barques dans le métro et des immeubles pieds dans l'eau? Autorités, sauveteurs et représentants de secteurs clé, tels hôpitaux ou transports, multiplient les exercices de simulation, comme dans le métro jeudi.

L'opération, baptisée Sequana, se déroule depuis lundi et jusqu'au 18 mars sur cinq départements de la région parisienne, avec 900 sauveteurs, 87 institutions et entreprises (Hôpitaux de Paris, opérateurs électriques et téléphoniques, société de transports ferroviaires...).

Une crue sur le même niveau d'élévation de la Seine qu'en 1910 se traduirait en région parisienne par "500 km² de territoire sous l'eau, 830.000 habitants résidant en zone inondable et plusieurs millions d'habitants dont les conditions de vie seraient dégradées", résume le préfet de police de Paris Michel Cadot.

L'un des principaux fleuves de France, la Seine, longue de 776 km, traverse toute la région parisienne et le coeur de la capitale française d'est en ouest.

Avec pour feuille de route un scénario imaginant une montée des eaux de 50 cm (pour atteindre plus de 8 m), des ouvriers emmuraient jeudi à grand renfort de parpaings et de mortier une bouche de métro située à quelque pas de la Seine. Objectif: rendre étanche cette sortie de la station Sully-Morland.

La société gérant le métro parisien a repris une technique utilisée en 1910, où 19 km de métro avaient été inondés sur les 63 km exploités à l'époque, obligeant à recourir à des barques sous terre. D'autres techniques sont utilisées, avec notamment 520 mètres d'"aquabarrières", des plans inclinés métalliques recouverts de bâches.

"Sans aucun dispositif de protection, si l'eau venait à pénétrer dans le réseau aujourd'hui, 140 km de tunnels seraient potentiellement inondés sur les 322 km du réseau actuel", indique la régie de transports parisiens, qui a identifié 400 points d'entrée d'eau potentiels (escaliers, trappes...) à obstruer en cas de crue.

Au pic de la crue, un quart des six millions d'habitants raccordés au réseau électrique en région parisienne serait en outre touché, 77.000 personnes seraient sans gaz et les centraux téléphoniques, qui permettent de délivrer internet et téléphone fixe et mobile, ne fonctionneraient plus.

Quant à l'alimentation en eau, elle serait affectée si les tuyaux cassaient ou que les égouts, qui les hébergent, subissaient des dégâts pendant la décrue. Le grand quartier d'affaires de la Défense serait en outre coupé de la capitale, des autoroutes seraient impraticables...

La mairie de Paris a donné quelques conseils aux particuliers: avoir des lampes électriques et une radio à piles, se tenir prêt à évacuer avec ses papiers d'identité.

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