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10/03/2016 05:50 EST | Actualisé 11/03/2017 00:12 EST

Paix en Colombie: les Farc proposent de fixer une nouvelle date butoir

La guérilla des Farc a annoncé jeudi avoir proposé au gouvernement colombien de fixer une nouvelle date butoir pour la signature d'un accord de paix, les parties ayant reconnu que celle du 23 mars serait difficile à respecter.

"Nous sommes d'accord avec ce qu'a dit (le président colombien Juan Manuel Santos) sur le fait que les conditions ne sont pas réunies pour le 23" mars. "Nous sommes disposés à convenir d'une autre date", a déclaré le négociateur de la rébellion Joaquin Gomez, à La Havane, siège des pourparlers colombiens depuis plus de trois ans.

Mercredi, le président Santos avait déjà écarté l'idée de signer "un mauvais accord" juste pour respecter cette date limite fixée en septembre dernier lors d'une rencontre historique avec le commandant suprême des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes) Timoleon Jimenez, dit "Timochenko".

"Si le 23 (mars) nous ne parvenons pas à un bon accord, je propose à l'autre partie de fixer une autre date", avait prévenu M. Santos.

Le gouvernement et les Farc, première guérilla du pays avec quelque 7.500 combattants selon des chiffres officiels, négocient depuis novembre 2012 pour mettre fin à plus d'un demi-siècle de guerre interne.

Les deux parties ont déjà signé plusieurs accords intermédiaires, notamment sur une réforme agraire, la lutte contre le trafic de drogue, la participation politique des guérilleros, la réparation aux victimes.

Elles doivent encore se mettre d'accord sur les modalités d'un cessez-le-feu bilatéral et le désarmement des rebelles, qui ont suspendu leurs offensives à partir de juillet dernier.

Au fil des décennies, le complexe conflit colombien a impliqué guérillas d'extrême gauche, paramilitaires d'extrême droite et forces armées, sur fond de violences des narcotrafiquants, faisant plus de 260.000 morts, 45.000 disparus et 6,6 millions de déplacés.

La signature d'un accord définitif avec les Farc marquera un grand pas sur le chemin de la paix. Mais il restera à reprendre les négociations avec l'autre guérilla colombienne, l'Armée de libération nationale (ELN).

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