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10/03/2016 06:37 EST | Actualisé 11/03/2017 00:12 EST

Obama reçoit Justin Trudeau en grande pompe, salue son "énergie"

Barack Obama, 54 ans, et Justin Trudeau, de dix ans son cadet, ont affiché jeudi à la Maison Blanche leur complicité et leur volonté de renforcer encore les liens entre Etats-Unis et Canada, en particulier sur le climat.

"Votre élection et vos premiers mois au pouvoir ont apporté une nouvelle énergie et un nouveau dynamisme, non seulement au Canada mais aussi dans la relation entre nos deux pays", a lancé le président américain en recevant le jeune dirigeant, qui a opéré un net changement de cap - et de style - par rapport à son prédécesseur conservateur, Stephen Harper.

Hymnes nationaux, 21 coups de canon, passage en revue de troupes sur la pelouse sud de la Maison Blanche sous un grand ciel bleu: le jeune Premier ministre, et son épouse, Sophie Grégoire-Trudeau, dans une robe rouge et rose, ont été accueillis en grande pompe pour cette première visite officielle depuis 19 ans.

M. Obama, qui s'est fendu d'un "bienvenue mes amis" en français, a salué les "magnifiques enfants" du dirigeant canadien, insisté sur les valeurs communes des deux immenses pays qui partagent la plus longue frontière commune au monde, mais aussi rappelé - tout sourire - une ancienne rivalité sur un sujet sensible: le hockey sur glace.

Passant de l'anglais au français, M. Trudeau, toujours au zénith dans les sondages quatre mois après son arrivée au pouvoir, a salué la force des liens avec les Américains, "alliés, partenaires, amis".

Il a aussi insisté, comme M. Obama, sur la question du climat, "pour que nous puissions laisser à nos enfants et nos petits-enfants une planète plus propre".

Juste avant le début de la cérémonie, les deux pays ont annoncé un objectif commun de réduction de leurs émissions de méthane du secteur pétrolier et gazier afin de respecter, selon les termes de M. Obama, l'"accord le plus ambitieux de l'histoire pour lutter contre le changement climatique", conclu à Paris en décembre.

Ils se sont engagés sur une réduction de ces émissions de 40 à 45% d'ici 2025, par rapport à leur niveau de 2012, appelant les autres pays "à adhérer à cet objectif" ou à fixer leur propre échéance.

L'exécutif américain, qui a fait du climat l'une de ses priorités, s'est félicité à plusieurs reprises du "retour" du Canada dans le camp des pays "ambitieux" sur ce dossier.

- Eloge de la diversité -

Les deux hommes, qui se sont ensuite retrouvés dans le Bureau ovale, devaient s'exprimer lors d'une conférence de presse commune en fin de matinée. La journée s'achèvera par un dîner d'Etat dans les salons de la Maison Blanche en présence de quelque 200 invités.

L'exécutif américain s'efforce de minimiser les différends, en particulier dans la lutte contre l'EI avec le retrait annoncé par Ottawa de ses six avions de combat F18 de la coalition antijihadiste menée par les Etats-Unis.

"La Canada a été l'un des membres fondateurs de la coalition anti-EI (...), ils demeurent un partenaire essentiel et nous sommes satisfaits de leur contribution", assure Mark Feierstein, du Conseil américain de sécurité nationale (NSC).

Autre sujet à l'ordre du jour: l'accord de libre-échange transpacifique (TPP) entre les Etats-Unis, le Canada et dix autres pays de la région Asie-Pacifique, et scellé en octobre après cinq années d'âpres négociations.

M. Obama affiche son optimisme sur sa ratification par le Congrès, mais la partie est loin d'être gagnée. Le nouveau gouvernement canadien, tout en y étant favorable, a d'ores et déjà annoncé qu'il ne le ratifierait pas avant une véritable concertation.

Les liens économiques sont déjà extrêmement denses: 75% des exportations canadiennes sont destinées au voisin du sud, le Canada est la première destination à l'export de 33 Etats américains.

MM. Obama et Trudeau pourraient aussi aborder un sujet moins strictement diplomatique mais qui passionne des deux côtés de la frontière: l'hypothèse d'une présidence Donald Trump.

Sans le nommer directement, le Premier ministre n'a pas caché son peu de goût pour le ton de la campagne de l'extravagant milliardaire, dénonçant avec force les "politiques fondées sur la peur, l'intolérance ou la rhétorique haineuse".

"Nous réaffirmons que la diversité est notre force", a lancé M. Obama dans les jardins de la Maison Blanche.

jca/are