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09/03/2016 20:45 EST | Actualisé 10/03/2017 00:12 EST

Obama accueille Justin Trudeau sur un air de renouveau

Barack Obama, 54 ans, et Justin Trudeau, dix ans de moins, portés au pouvoir sur un même message de renouveau, se retrouvent jeudi à la Maison Blanche pour célébrer les liens entre les Etats-Unis et le Canada, "allié, partenaire, voisin et ami".

Pour le jeune Premier ministre canadien, toujours au zénith dans les sondages quatre mois après son arrivée au pouvoir, cette rencontre avec le président américain, qui cèdera la place dans moins d'un an, est l'occasion de mettre en lumière le changement de cap et de style opéré par rapport à son prédécesseur conservateur, Stephen Harper.

Cette visite d'Etat - la première depuis 19 ans - vise à renforcer encore la relation singulière entre les deux immenses pays, qui partagent la plus longue frontière commune au monde. Leurs liens économiques sont extrêmement denses: 75% des exportations canadiennes sont destinées au voisin du sud, le Canada est la première destination à l'export de 33 Etats américains.

Elle devrait aussi illustrer une forme de complicité entre "deux jeunes dirigeants qui ont des visions similaires, des visions progressistes", selon les termes de Mark Feierstein, du Conseil américain de sécurité nationale (NSC).

A de nombreux égards, le parallèle entre l'"Obamania" d'hier et la "Trudeaumania" d'aujourd'hui saute aux yeux.

Lors de leur première rencontre à Manille en novembre, M. Obama avait, dans un sourire, mis en garde le jeune Premier ministre sur la difficulté de l'entreprise.

"Je sais que les Canadiens sont extraordinairement inspirés par votre message d'espoir et de changement. Je veux seulement signaler que, moi non plus, je n'avais pas de cheveux gris lorsque j'étais à votre place il y a sept ans".

Cérémonie dans les jardins de la Maison Blanche, rencontre dans le Bureau ovale, conférence de presse commune: l'exécutif américain a prévu un accueil en grande pompe. La journée s'achèvera par un dîner d'Etat en présence de quelque 200 invités et de Michelle Obama et Sophie Grégoire-Trudeau.

Cristeta Comerford, qui dirige les cuisines de la Maison Blanche, a annoncé un dîner sur le thème du printemps, avec des ingrédients venus de Californie, de Nouvelle-Angleterre ou encore de Floride, et même quelques herbes du potager de la résidence présidentielle.

Au menu des discussions: lutte contre le groupe Etat islamique (EI), accueil des réfugiés syriens, ratification de l'accord de libre-échange Asie-Pacifique ou encore lutte contre le changement climatique.

- A l'unisson sur le climat -

La Maison Blanche s'efforce de minimiser les différends, en particulier dans la lutte contre l'EI avec le retrait annoncé par Ottawa de ses six avions de combat F18 de la coalition antijihadiste menée par les Etats-Unis.

"La Canada a été l'un des membres fondateurs de la coalition anti-EI (...), ils demeurent un partenaire essentiel et nous sommes satisfaits de leur contribution", assure M. Feierstein.

Si cette visite d'Etat - la 11e organisée à la Maison Blanche depuis l'arrivée de M. Obama en 2009 - est d'abord affaire de symboles, c'est sur la lutte contre le réchauffement climatique que les des deux dirigeants pourraient faire les annonces les plus concrètes.

"La relation avec le Canada sur le climat s'est intensifiée extrêmement rapidement", assure Todd Stern, conseiller spécial du président américain, soulignant que le pays est "de retour" dans le camp des pays "ambitieux" dans la lutte pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Autre sujet de convergence: l'accord de libre-échange transpacifique (TPP) conclu entre les Etats-Unis, le Canada et dix autres pays de la région Asie-Pacifique, et scellé en octobre après cinq années d'âpres négociations.

M. Obama affiche son optimisme sur sa ratification par le Congrès, mais la partie est loin d'être gagnée. Le nouveau gouvernement canadien, tout en y étant favorable, a d'ores et déjà annoncé qu'il ne le ratifierait pas avant une véritable concertation.

MM. Obama et Trudeau pourraient aussi échanger sur un sujet moins strictement diplomatique mais qui passionne des deux côtés de la frontière: l'hypothèse d'une présidence Donald Trump.

Sans le nommer explicitement, Justin Trudeau n'a pas caché son peu de goût pour le ton de la campagne de l'extravagant milliardaire. "Je crois que je ne surprendrai personne en disant que je suis fermement opposé aux politiques fondées sur la peur, l'intolérance ou la rhétorique haineuse", expliquait-il mi-décembre, interrogé sur le candidat républicain.

Des propos très similaires à ceux du président démocrate qui a dénoncé à plusieurs reprises les propos "troublants" du magnat de l'immobilier, tout en martelant cependant sa conviction qu'il ne lui succéderait pas à la Maison Blanche.

jca/elc/plh