NOUVELLES
10/03/2016 04:42 EST | Actualisé 11/03/2017 00:12 EST

Nigeria: fin de la grève à la compagnie pétrolière nationale

Les syndicats de la compagnie pétrolière nationale du Nigeria, la NNPC, ont mis fin jeudi à une grève de 24 heures après avoir reçu l'assurance que le plan de restructuration en cours ne serait pas assorti de licenciements, ont annoncé un syndicat et la compagnie.

"Nous avons appelé à la fin de la grève. Nos membres ont repris le travail dans les dépôts", a déclaré à l'AFP un responsable de l'Union nationale des travailleurs du gaz et pétrole (Nupeng), Tokunbo Korodo.

"La grève a pris fin aux alentours de 5h (4h GMT) ce matin, au terme d'une nuit de rencontre avec les responsables des syndicats", a annoncé de son côté Ohi Alegbe, le porte-parole de la NNPC.

La grève a été lancée par l'Association nigériane du pétrole et gaz naturel (Pengassan) et la Nupeng mercredi, au moment où une pénurie de carburant avait fait flamber les prix dans le pays.

Les deux syndicats souhaitaient protester contre "la décision unilatérale du ministre du pétrole, (Emmanuel) Ibe Kachukwu, de scinder la NNPC".

M. Kachukwu, également à la tête de la NNPC, a annoncé la semaine dernière un plan de fractionnement de cette société en 30 compagnies indépendantes afin de regagner le chemin de la rentabilité.

Rassurés par M. Kachukwu, qui leur a promis qu'il n'y aurait pas de licenciements, les syndicats ont mis fin à la grève.

Le mouvement social, qui a eu un impact sur le transport de carburants depuis les dépôts de la NNPC, n'a fait qu'empirer la pénurie d'essence sur l'ensemble du territoire, qui a créé d'interminables queues devant les stations-service à Lagos, la plus grande ville du pays.

"Le ministre a clarifié la position du gouvernement sur la réorganisation en cours à la NNPC. Au final, les syndicats ont été satisfaits", a affirmé le porte-parole Ohi Alegbe.

Les activités ont donc pu reprendre "complètement dans les différents dépôts de carburant et les longues files vont bientôt disparaître", a ajouté M. Alegbe.

Mais selon Tokunbo Korodo les pénuries de carburant vont continuer, à cause du manque de devises étrangères au Nigeria.

Bien que premier producteur africain de pétrole, le Nigeria dépend d'importations de produits pétroliers par manque de capacité domestique de raffinage. Le gouvernement travaille à améliorer les capacités des raffineries publiques et subventionne les prix à la pompe.

Avec une production de l'ordre de deux millions de barils par jour, le pétrole compte pour environ 70% des revenus de l'Etat et 90% des réserves de devises étrangères du pays.

joa/sf/cdc/de