NOUVELLES
09/03/2016 23:41 EST | Actualisé 10/03/2017 00:12 EST

Migrants: Vienne "extrêmement critique" concernant le projet d'accord UE-Turquie

La ministre de l'Intérieur autrichienne, Johanna Mikl-Leitner, s'est déclarée jeudi "extrêmement critique" vis-à-vis du projet d'accord sur les migrants envisagé par l'UE et la Turquie, soulignant notamment qu'il faisait courir à l'Europe le risque de jeter ses valeurs "par dessus bord".

"Je suis extrêmement critique. Je trouve cela préoccupant que la Turquie mette sous tutelle un journal critique envers le gouvernement, puis trois jours plus tard présente une liste de souhaits", a déclaré la ministre avant une rencontre avec ses homologues européens à Bruxelles jeudi.

"Je me demande vraiment si nous avons encore du respect pour nous-mêmes et pour nos valeurs, ou si nous jetons celles-ci par dessus bord", a ajouté Mme Mikl-Leitner, qui s'exprimait sur les ondes de la radio publique autrichienne Ö1.

Ebauché lundi lors d'un sommet à Bruxelles et censé offrir enfin une réponse à l'afflux chaotique de réfugiés vers l'Europe, le projet d'accord prévoit la réadmission en Turquie de tous les migrants arrivés clandestinement en Grèce.

En échange, les Européens s'engageraient, pour chacun Syrien renvoyé, à transférer un réfugié syrien depuis la Turquie vers le territoire de l'UE.

Mais Ankara exige également trois milliards d'euros d'aide supplémentaire d'ici à 2018, une exemption de visas dès la fin juin pour ses ressortissants voulant voyager dans l'UE, et l'ouverture rapide de négociations sur cinq nouveaux chapitres d'adhésion.

Concernant la politique des visas "il y a beaucoup de critères à remplir, et il ne doit pas y avoir d'exception pour la Turquie", a martelé Mme Mikl-Leitner.

Les ministres de l'Intérieur de l'UE se réunissent jeudi pour deux jours à Bruxelles pour examiner ce projet d'accord, qui doit être finalisé lors d'un nouveau sommet européen les 17 et 18 mars.

Mercredi, les eurodéputés avaient déjà vivement critiqué l'accord de principe conclu entre l'UE et la Turquie, accusant les dirigeants européens d'avoir "cédé au chantage" du président turc Recep Tayyip Erdogan, aux dérives autoritaires de plus en plus marquées.

stu-phs/pt