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09/03/2016 20:45 EST | Actualisé 10/03/2017 00:12 EST

Marco Rubio joue sa survie dans la course à la Maison Blanche en Floride

Le républicain Marco Rubio, qui enchaîne les désillusions dans les urnes, jouera sa survie dans la course à la Maison Blanche lors des primaires présidentielles du 15 mars en Floride, Etat dont il est sénateur et étape cruciale pour l'investiture du parti.

Comme lui, tous les candidats démocrates et républicains tenteront d'empocher les nombreux délégués en jeu de cet Etat du sud-est américain. C'est le premier de la course où s'appliquera, pour les républicains, la règle du "winner-take-all", qui verra le vainqueur rafler l'ensemble des 99 délégués qui ne seront pas répartis à la proportionnelle comme c'était le cas jusqu'ici.

Côté démocrate, 214 délégués sont en jeu qui, eux, seront répartis à la proportionnelle.

Sénateur local né en Floride il y a 44 ans de parents exilés cubains, Marco Rubio n'a plus le droit à l'échec : une défaite sur ses propres terres marquerait la fin de son aventure présidentielle, estiment les experts.

Celui qui a longtemps été le chouchou de l'appareil du parti et qui a porté les espoirs de présenter lors de la présidentielle de novembre un candidat républicain plus acceptable que Donald Trump pour l'establishment, a encore déçu lors des élections de mardi.

Il a notamment fini dernier, devancé par le gouverneur de l'Ohio John Kasich dans les deux principaux Etats ayant voté ce jour-là, le Michigan et le Mississippi, et n'est même pas donné gagnant chez lui dans les derniers sondages.

Selon une enquête d'opinion CNN/ORC publiée mercredi, ce serait le milliardaire Donald Trump qui arriverait en tête en Floride la semaine prochaine, avec 40% des votes contre seulement 24% pour Rubio, qui devance de peu l'ultraconservateur Ted Cruz (19%).

Surtout, estiment les sondés, il devrait "se retirer" de la course à la Maison Blanche s'il devait effectivement concéder la défaite domicile.

Tendance confirmée par un autre sondage de l'institut Quinnipiac également publié mercredi qui donne le benjamin des candidats républicains à 22%, loin derrière l'homme d'affaires (45%).

- 'Ca va être dur' -

"Si Rubio ne gagne pas, il est fini. Pour lui c'est +ça passe ou ça casse+", indique à l'AFP Lance Dehaven-Smith, professeur en sciences politiques à l'université de Floride à Tallahassee.

Marco Rubio n'a à présent empoché que deux Etats, le Minnesota et Porto Rico, archipel où les habitants ne votent pas à la présidentielle, mais seulement aux primaires. Il arrive loin derrière le sénateur du Texas Ted Cruz, qui a déjà gagné sept Etats, mais qui n'est pas franchement apprécié par l'appareil du parti.

Ted Cruz et Donald Trump n'ont de cesse d'appeler Marco Rubio à jeter l'éponge.

Questionné mercredi sur MSNBC sur un éventuel abandon de Rubio avant même la Floride et sur la possibilité de le prendre comme vice-président, le milliardaire a déclaré: "Il a du talent. Je ne veux pas en parler encore, ce n'est pas approprié d'en parler avant qu'il ne prenne sa décision", validant implicitement l'hypothèse d'une fin de course imminente.

"Ca va être dur parce que beaucoup de vieux électeurs pensent que Rubio est jeune, peut-être trop jeune (...) Et vous avez la communauté hispanique, avec les frictions habituelles entre les Cubains et les autres", explique Susan MacManus, professeur à l'université de South Florida à Tampa.

Reste à savoir si l'ancien gouverneur de Floride, Jeb Bush, soutenu un temps par l'appareil républicain, mais qui a quitté la course en février, apportera son soutien à Rubio, son ancien élève.

Depuis 1964, la Floride a élu à la présidentielle le candidat victorieux au niveau national, sauf une fois en 1992, rappelle Mme MacManus. La Floride "choisit le vainqueur et c'est de là que vient l'expression +comme la Floride vote, le pays vote+".

Troisième Etat le plus peuplé des Etats-Unis, la Floride est un Etat "clé" qui peut voter démocrate autant que républicain à l'élection présidentielle. C'est l'étape la plus importante de la course à la Maison Blanche depuis le "super mardi" des primaires du 1er mars.

Tous les candidats convergeront à Miami pour participer à des débats, démocrate mercredi et républicain jeudi.

Côté démocrate, la composition démographique de l'Etat, dont un quart des habitants sont hispaniques et 16% sont noirs, pourrait favoriser Hillary Clinton, qui mène dans les sondages avec 57% des intentions de vote, contre 32,8% pour son rival Bernie Sanders.

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