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10/03/2016 04:34 EST | Actualisé 11/03/2017 00:12 EST

Le Parlement européen demande au Caire la "vérité" sur l'étudiant italien mort sous la torture

Les eurodéputés ont demandé jeudi la "vérité" sur l'assassinat sous la torture de l'étudiant italien Giulio Regeni, condamnant dans une résolution les disparitions forcées et les condamnations à mort massives en Egypte.

Dans une résolution adoptée lors d'une session plénière à Strasbourg, le Parlement européen a exhorté les autorités égyptiennes à coopérer avec l'Italie dans l'enquête sur la mort du jeune chercheur.

La résolution "appelle les autorités égyptiennes à fournir aux autorités italiennes tous les documents et les informations nécessaires pour permettre une enquête conjointe rapide, transparente et impartiale sur le cas de M. Regeni, conformément à leurs obligations internationales".

Elle réclame également que "tous les efforts soient faits pour traduire les auteurs du crime devant la justice dès que possible".

Un total de 588 eurodéputés se sont prononcés en faveur du texte, dix ont voté contre et 59 se sont abstenus.

Dans ce texte, ils "condamnent fermement la torture et l'assassinat dans des circonstances suspectes du citoyen européen Giulio Regeni".

L'étudiant italien de 28 ans avait disparu mystérieusement dans le centre du Caire le 25 janvier et son corps avait été retrouvé le 3 février, atrocement torturé, dans un fossé d'une banlieue de la capitale égyptienne.

Le ministre égyptien de l'Intérieur a vivement rejeté les accusations impliquant les forces de sécurité locales dans la mort de Giulio Regeni, mais Rome ne semble pas trop croire à ces allégations, exigeant avec insistance "toute la vérité" et que les "vrais responsables" soient identifiés et jugés.

Les défenseurs des droits de l'Homme et les opposants en Egypte affirment que le doctorant, qui faisait une thèse sur les mouvements et syndicats ouvriers égyptiens, a été arrêté par la police ou les services de renseignement qui l'auraient torturé pour obtenir des informations.

Les milieux diplomatiques et la presse italiens privilégient aussi cette thèse.

Au cours des débats, les parlementaires ont exigé "la vérité et la justice" pour Giulio Regeni, plusieurs d'entre eux exposant des affichettes en ce sens sur leurs pupitres.

Certains ont plaidé en faveur de sanctions contre le régime du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, partenaire stratégique et commercial de l'Union européenne.

Le mois dernier, M. Sissi s'était engagé à durcir les sanctions contre les policiers responsables d'exactions.

Au-delà de l'affaire Regeni, les eurodéputés ont dénoncé jeudi la "situation dramatique et qui empire" des droits de l'Homme en Egypte et les atteintes aux libertés fondamentales: disparitions forcées, tortures, conditions de détention "épouvantables" et arrestations arbitraires.

Plus de 22.000 personnes ont été arrêtées en Egypte depuis le coup d'Etat militaire de juillet 2013, de l'aveu même des autorités égyptiennes.

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