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10/03/2016 09:50 EST | Actualisé 11/03/2017 00:12 EST

La Grèce prête à déclarer la Turquie "pays sûr" pour y renvoyer les demandeurs d'asile (médias)

Le ministre grec à la politique migratoire, Yannis Mouzalas, a affirmé mercredi que la Grèce considérait de fait la Turquie comme "pays tiers sûr", ouvrant une voie légale au renvoi dans le pays voisin des demandeurs d'asile, comme prévu par le plan UE-Turquie, ont indiqué le site grec d'information Left.gr et l'agence de presse grecque Ana.

Selon ces médias, M. Mouzalas a expliqué à des journalistes grecs à l'issue d'une réunion ministérielle à Bruxelles que dans la mesure où la Turquie accueille déjà 2,5 millions de réfugiés et que tant l'UE que le HCR y interviennent pour contrôler les conditions de vie dans les camps et le respect des droits de l'homme, la Turquie constitue de fait un pays tiers sûr.

Le gouvernement grec s'était jusque là limité à indiquer qu'il "examinait" cette option, conçue comme un outil légal pour légitimiser les renvois de demandeurs d'asile dans un pays tiers.

La Grèce est en mesure, en vertu du droit international, de prendre cette décision unilatéralement, "mais en pratique encore faudrait-il que la Turquie coopère" en acceptant de reprendre les demandeurs d'asile partis de son territoire, avait alors précisé une source gouvernementale.

Entretemps, les 28 ont ébauché lors de leur dernier sommet un plan avec la Turquie prévoyant d'y renvoyer tous les migrants affluant en Europe via son territoire puis la Grèce, y compris les demandeurs d'asile syriens qui fuient la guerre dans leur pays.

La Grèce soutient ce plan pour tarir les arrivées de réfugiés et migrants sur ses îles, exposée sinon à la menace de devenir un immense camp de réfugiés par la fermeture de la route des Balkans.

L'ONU a de son côté jugé mercredi "illégales" les expulsions collectives envisagées, que les ONG de défense des droits de l'homme estiment aussi attentatoires au droit d'asile.

"Qualifier la Turquie de pays sûr est une décision européenne mais elle doit faire l'objet d'une élaboration supplémentaire", a commenté lors d'une conférence de presse à Bruxelles le commissaire européen aux migrations, Dimitris Avramopoulos.

Selon des experts juridiques grecs, le gouvernement grec n'aurait pas forcément à soumettre cette décision à l'aval de son Parlement.

Inspiratrice du projet d'accord UE-Turquie, l'Allemagne a argué lors de la réunion à Bruxelles des ministres de l'intérieur, que "la Turquie doit devenir un pays tiers sûr", et plaidé pour que "ce processus aboutisse rapidement", selon une source diplomatique européenne.

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