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10/03/2016 05:28 EST | Actualisé 11/03/2017 00:12 EST

La BCE pourrait encore abaisser ses taux si nécessaire (Draghi)

Les taux directeurs en zone euro, baromètres du crédit dans le région et qui viennent d'être abaissés tous les trois, pourraient descendre encore plus bas, mais pas tout de suite, a déclaré jeudi le président de la BCE Mario Draghi.

Les taux d'intérêt "vont rester aux niveaux actuels ou plus bas pour une longue période, bien au-delà de l'horizon de nos rachats d'actifs", c'est-à-dire mars 2017, a dit M. Draghi.

A l'heure actuelle, "nous n'anticipons pas qu'il soit nécessaire d'abaisser les taux encore plus", a ajouté M. Draghi, "mais les conditions peuvent changer".

Le taux central a été porté jeudi à zéro, pour la première fois de son histoire. Cela signifie que les banques se refinancent sans frais auprès de la BCE, et logiquement devraient abaisser encore les taux qu'elles facturent à leurs propres clients qui s'endettent.

Cela veut aussi dire que les placements des épargnants auprès des banques ne rapportent plus rien, ce qui doit les inciter à consommer plutôt qu'à thésauriser.

Le taux de dépôt, qui rémunère les dépôts des banques auprès de la BCE d'un jour à l'autre, est passé jeudi à -0,40%, et celui de prêt marginal à 0,25%.

Les banques de la zone euro s'insurgent contre le taux de dépôt négatif, qui s'apparente à une pénalité pour elles et ampute leur rentabilité. Plusieurs patrons de banques et fédérations bancaires sont montées au créneau ces dernières semaines sur ce sujet.

M. Draghi a toutefois estimé que la rentabilité des banques dans leur ensemble n'était pas mise en péril par le niveau des taux.

"Cela signifie-t-il que nous pouvons descendre toujours plus bas dans le négatif sans avoir d'effet sur le système bancaire ? La réponse est non", a-t-il ajouté.

La BCE a mis en place un système de compensation pour les banques: dans le cadre d'une nouvelle série de prêts géants qu'elle va leur accorder, les banques pourront emprunter à taux négatif, c'est-à-dire qu'elles mêmes seraient payées pour s'endetter auprès de la BCE - à condition qu'elles mettent cet argent à disposition des ménages et entreprises sous forme de crédits.

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