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10/03/2016 18:00 EST | Actualisé 11/03/2017 00:12 EST

L'Eglise de scientologie saura vendredi si elle est interdite en Belgique

La justice belge dira vendredi si la branche belge de l'Eglise de scientologie, considérée comme une secte dans plusieurs pays, doit être dissoute, comme l'a réclamé le parquet lors d'un procès inédit devant le tribunal correctionnel de Bruxelles.

L'audience au cours de laquelle le verdict sera lu débute à 09h00 (08h00 GMT) au Palais de justice de Bruxelles et devrait durer plusieurs heures.

Deux associations --la branche belge de l'Eglise de scientologie et le Bureau européen pour les droits de l'homme, une émanation à Bruxelles du siège américain de l'Eglise de scientologie-- ainsi que de onze de leurs membres et (anciens) dirigeants étaient poursuivis pour avoir constitué une "organisation criminelle" et pour des faits de "fraude", de "pratique illégale de la médecine", de "violation de la vie privée" et d'"extorsion".

Le procureur fédéral Christophe Caliman a réclamé fin novembre la dissolution pure et simple de l'Eglise de scientologie de Belgique, tout en estimant irrecevables, pour des raisons de procédure, les poursuites visant le Bureau européen de l'église de scientologie.

Il a également requis des peines de six à 20 mois de prison avec sursis à l'encontre des 11 prévenus.

Lors de la dernière audience, le 11 décembre, les avocats de la défense ont pour leur part plaidé l'acquittement général.

Le procès, qui s'était ouvert le 23 octobre 2015, après 18 ans d'enquête, s'était déroulé sans parties civiles, les plaignants initiaux ayant retiré leur plainte lorsqu'ils ont été remboursés, et s'est résumé en un face-à-face tendu entre le parquet et les scientologues.

- 'Acharnement' ? -

Après l'audition des prévenus, qui avaient tous réfuté les accusations, les responsables scientologues belges ont contesté le bien-fondé même de l'enquête.

"On ne s'explique pas un acharnement aussi long sur finalement des gens qui ne faisaient que pratiquer leur religion de manière paisible en Belgique", avait déclaré à l'AFP le porte-parole en Belgique des scientologues, Eric Roux.

En tout état de cause, "ça ne serait pas la fin de l'Eglise de scientologie en Belgique, parce qu'on parle d'une association", avait-il observé.

La première enquête en Belgique concernant l'Eglise de scientologie avait été ouverte en 1997 sur la base de plaintes d'anciens adeptes, dont une femme qui s'était tournée vers la justice après avoir cherché en vain à récupérer une partie de l'argent qu'elle avait versé.

Au cours de perquisitions effectuées en 1999, les enquêteurs avaient saisi des dossiers reprenant des données personnelles de membres, dont des descriptions psychologiques et des informations relatives à l'état de santé des adeptes.

Une seconde enquête avait été ouverte, cette fois à la suite d'une plainte en 2008 de l'Office bruxellois pour l'Emploi (Actiris), qui accusait les scientologues d'avoir publié de fausses offres d'emploi dans le but de recruter de nouveaux adeptes.

siu/agr/plh