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10/03/2016 09:09 EST | Actualisé 11/03/2017 00:12 EST

Kinshasa appelle ses partenaires étrangers à une "coopération positive"

Le gouvernement de la République démocratique du Congo a appelé jeudi à Kinshasa ses partenaires étrangers à faire preuve d'une "coopération positive", en réaction aux inquiétudes exprimées par l'Union européenne (UE) sur le respect des droits de l'Homme dans le pays.

"La nécessité d'une coopération positive reste notre principale revendication de la part de nos partenaires" étrangers, a déclaré le ministre des Médias et porte-parole du gouvernement Lambert Mende lors d'une conférence de presse.

Le gouvernement "souhaite que les institutions nationales continuent à recevoir de ses partenaires de la communauté internationale un appui plus utile, qui lui permette d'améliorer les prestations" de ses institutions, a-t-il dit.

Le climat politique est très tendu en RDC alors que chaque jour qui passe rend un peu plus improbable la tenue de la présidentielle censée avoir lieu avant la fin de l'année.

L'opposition soupçonne le président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, de vouloir demeurer à la tête du pays au terme de son mandat en décembre 2016, alors que la Constitution lui interdit de se représenter.

Depuis des mois, les Nations Unies dénoncent ce qu'elles qualifient de vague d'arrestations arbitraires d'opposants et autres militants de la société civile.

Le Parlement européen a voté jeudi une résolution appelant les autorités congolaises à "se conformer à la Constitution, et à garantir un environnement propice à des élections transparentes, crédibles et inclusives" avant la fin novembre.

Dans ce texte, les députés européens demandent également "la libération immédiate et sans condition de tous les prisonniers politiques".

Et la délégation de l'UE à Kinshasa a estimé mardi que "le respect des droits de l'Homme et des libertés civiles (était) crucial afin de permettre des élections transparentes, apaisées et crédibles".

Dans ce court texte, l'UE dit également être "préoccupée" par les informations "faisant état d'actes de harcèlements et intimidations en nombre croissant visant des responsables politiques, des membres de la société civile et des médias".

Pour M. Mende, "il n'est pas juste de croire ou faire croire que les autorités congolaises sont moins préoccupées par les droits fondamentaux de leurs compatriotes que leurs partenaires".

Jeudi, deux militants du mouvement de jeunes indignés Lutte pour le changement (Lucha), basé à Goma, dans l'est de la RDC ont été condamnés à trois mois de prison pour "incitation à la révolte".

Ils étaient détenus depuis leur arrestation fin novembre lors d'une manifestation dénonçant à Goma une vague de tueries de civils par des hommes armés dans le nord de la province du Nord-Kivu, déchiré par les conflits violents depuis plus de vingt ans.

Compte tenu de leur temps passé en préventive, ils ont été libérés jeudi.

Aux tensions politiques qui traversent le pays s'ajoutent des tensions sur les finances de l'État liées à la chute des prix des matières premières, qui comprime les recettes fiscales de la RDC, cinquième producteur mondial de cuivre.

Fin janvier, le gouvernement a indiqué que le manque à gagner pour l'État lié à cette baisse des cours était estimé à 1,3 milliard de dollars pour l'exercice en cours alors que le budget prévu de l'État pour 2016 s'élève à 9 milliards de dollars; rendant hypothétique l'organisation des élections, dont la présidentielle.

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