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10/03/2016 08:42 EST | Actualisé 11/03/2016 09:32 EST

Justin Trudeau et Barack Obama célèbrent l'amitié canado-américaine

Après les discours, les accolades et les poignées de main chaleureuses, la rencontre entre Justin Trudeau et Barack Obama est couronnée par un dîner officiel pour célébrer la grande amitié qui lie les deux pays.

Un texte de François Messier

Quelque 200 personnes assistent à la soirée, dont la mère du premier ministre canadien ainsi que ses beaux-parents. Dans la liste des invités, on retrouve aussi des ministres du gouvernement Trudeau et des personnalités issues de divers horizons. Parmi elles, les acteurs Michael J. Fox, Ryan Reynolds et Sandra Oh, le comédien Mike Myers, le commissaire de la NHL, Gary Bettman, et celui de la NBA, Adam Silver.

« Nous sommes une famille » - Barack Obama

Souriants, visiblement détendus, parfois blagueurs, Justin Trudeau et Barack Obama se sont échangé des politesses d'usage, lors d'une conférence de presse jeudi matin.

« On dit souvent qu'on peut choisir nos amis, mais pas nos voisins », a lancé en guise d'introduction le président américain, depuis une estrade installée sur la pelouse de sa résidence officielle, après avoir invité M. Trudeau à passer en revue la garde d'honneur.

« Par la géographie, nous sommes voisins, mais c'est par choix que nous sommes des alliés indéfectibles et les amis les plus proches », a-t-il poursuivi. « Cette vérité n'est pas suffisamment exprimée. »

« Nous sommes une famille, et c'est un jour spécial pour les nombreux Canadiens qui vivent et travaillent ici, et qui enrichissent nos vies tous les jours. »

— Barack Obama, président des États-Unis

Dans une conférence de presse subséquente, le président Obama a annoncé sa venue prochaine au Canada, où il aura l'occasion de s'adresser à la Chambre des communes. Cette visite coïncidera avec la tenue d'un sommet nord-américain, en juin.

« Nous sommes guidés par la même conviction que les valeurs auxquelles nous sommes attachés comme peuples libres ne sont pas des cadeaux à tenir pour acquis, mais des libertés précieuses qui doivent être défendues à nouveau par chaque génération », a encore dit M. Obama.

Le président a souligné du même souffle l'engagement souvent conjoint des armées des deux pays, « depuis les champs de coquelicots de la Flandre, jusqu'aux montagnes accidentées de l'Afghanistan », sans mentionner le retrait des chasseurs canadiens de la coalition internationale en lutte contre le groupe armé État islamique.

Il a aussi salué l'étroitesse des liens économiques et commerciaux qui unissent les deux pays, et le fait que la diversité de leur population constitue leur force.

Le bois d'oeuvre, un sujet potentiellement fâcheux

Questionnés un peu plus tard à savoir si les deux pays parviendront à résoudre leur différend sur le bois-d'oeuvre, le président américain et le premier ministre canadien se sont dit confiants d'en arriver à une solution. M. Trudeau a évoqué une entente « dans les semaines ou dans les mois qui viennent. ».

Le bois d'œuvre, utilisé notamment pour la construction résidentielle, a fait l'objet d'un long litige commercial entre les deux pays, après que Washington eut imposé d'importants tarifs douaniers aux exportateurs canadiens en 2002.

Le département américain du Commerce accusait Ottawa de subventionner l'industrie forestière canadienne, et soutenait que les entreprises productrices de bois d'œuvre vendaient leurs produits à un prix inférieur à leur valeur réelle.

Après de longues batailles devant les tribunaux, l'affaire s'est finalement réglée par un accord bilatéral conclu en 2006. Pendant les quatre ans de conflit, de nombreuses usines ont cependant dû fermer leurs portes et des milliers de travailleurs canadiens ont perdu leur emploi.

Cet accord canado-américain est venu à échéance en octobre dernier. Depuis, les deux pays sont revenus au libre-échange, mais seulement pour une période d'un an.

Dans un communiqué conjoint, MM. Trudeau et Obama soulignent « leur intérêt à l'égard d'une entente à long terme » et disent s'être entendus pour « que leurs ministres examinent intensivement toutes les options et qu'ils déposent, d'ici 100 jours, un rapport concernant les principaux éléments qui permettraient de dénouer cette question ».

M. Obama a rappelé que le père du premier ministre, Pierre Elliott Trudeau, avait aussi été reçu à la Maison-Blanche il y a une quarantaine d'années, et que ce dernier avait souligné la « vision commune » que partagent les deux pays.

« Aujourd'hui, le premier ministre Trudeau poursuit son travail », a-t-il déclaré. « Votre élection et vos premiers mois en fonction ont amené une nouvelle énergie et un nouveau dynamisme, non seulement pour le Canada, mais pour la relation entre nos deux pays. »

« Je n'ai jamais vu autant d'Américains aussi enchantés par une visite d'un premier ministre canadien! »

— Barack Obama

Le président Obama a émaillé son bref discours de quelques blagues. « Il y a des choses sur lesquelles nous ne nous entendrons probablement jamais, notamment qui fait la meilleure bière, ou qui est le meilleur au hockey », a-t-il notamment lancé.

« Où est la coupe Stanley? Je suis désolé, mais est-elle dans ma ville natale de Chicago avec les Blackhawks de Chicago? », a-t-il lancé à l'intention de son invité. « Ne me lancez pas là-dessus! », a répliqué M. Trudeau, sourire en coin.

Il appert que le trophée était finalement exhibé au département d'État, où M. Trudeau a subséquemment été reçu par John Kerry.

Le président Obama a prononcé quatre mots de français lors de son bref discours d'introduction, soit « bonjour », au début, et « bienvenue mes amis », en conclusion.

Trudeau salue une relation « vitale »

Prenant la parole par la suite, M. Trudeau a chaleureusement salué l'hospitalité américaine. Le président américain est « si puissant », a-t-il plaisanté, qu'il a pu « organiser cette journée parfaite ».

M. Obama, bon joueur, a ouvert les bras en feignant l'humilité, lui qui avait rappelé peu avant qu'il avait effectué sa première visite officielle en sol étranger à Ottawa... en février.

« Il n'y a aucune autre relation dans le monde comme celle entre le Canada et les États-Unis. »

— Justin Trudeau

« C'est un grand honneur d'être à Washington cette semaine pour discuter de dossiers importants à la fois pour le Canada et les États-Unis », a poursuivi plus sérieusement le premier ministre canadien, en évoquant les changements climatiques, la sécurité et la stabilité mondiale, et les échanges commerciaux.

Ces derniers doivent continuer à croître, a-t-il ajouté, « pour le bien de la classe moyenne ».

Évoquant le grand besoin de biens canadiens aux États-Unis, le premier ministre a blagué en parlant d'« exportations » bien spécifiques, comme Jonathan Toews, Duncan Keith et Patrick Sharp, trois piliers des Blackhawks de Chicago [Sharp a été échangé après la conquête de la coupe Stanley, NDLR].

« Vous êtes notre principal partenaire commercial et notre plus proche allié. La relation entre nos deux pays a toujours été vitale. »

— Justin Trudeau

« Nous sommes d'accord sur beaucoup de choses, et en désaccord sur quelques-unes, mais nous demeurons unis dans un but commun », a encore dit M. Trudeau. « Nous sommes des alliés, des partenaires, des amis qui affrontent les grands défis du monde ».

M. Trudeau a remercié le président Obama au nom des 36 millions de Canadiens avant que les deux hommes ne se rencontrent en tête-à-tête à la Maison-Blanche.

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