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10/03/2016 03:27 EST | Actualisé 11/03/2017 00:12 EST

Irak: des habitants manifestent après une attaque chimique de l'EI dans le nord

Des centaines d'habitants d'une ville du nord de l'Irak ont bloqué jeudi une autoroute pour réclamer au gouvernement de bombarder une localité depuis laquelle le groupe Etat islamique (EI) a mené une attaque chimique.

"Trente mille personnes à Taza sont quotidiennement bombardées et le gouvernement reste silencieux", pouvait-on lire sur une pancarte tenue par un manifestant sur l'autoroute reliant la ville de Kirkourk à la capitale Bagdad.

La cité de Taza, au sud de Kirkourk, se trouve dans une zone où sont déployées des forces kurdes et des milices chiites mais elle est également proche de la localité turcomane de Bashir, depuis laquelle l'EI tire régulièrement des projectiles.

Selon le maire Hussein Abbas, Taza a été touchée mercredi pendant trois heures par environ 45 roquettes lancées depuis Bashir.

Des responsables locaux ont indiqué que du chlore avait été utilisé lors de cette attaque.

"Le gaz était de couleur argentée et laissait parfois quelques gouttes de liquide là où il se déposait", a expliqué un responsable de sécurité qui n'a pas souhaité être identifié. "Une unité spécialisée a pris des échantillons" pour déterminer la nature exacte du produit incriminé, a-t-il ajouté.

Environ 200 personnes ont dû être pris en charge médicalement après l'attaque, selon un responsable de santé kurde, Burhan Abdallah.

"Seulement 17 sont toujours soignées, dont un enfant grièvement atteint. Ils souffrent de problèmes respiratoires, de brûlures et de problèmes cutanés", a-t-il indiqué.

En février, le directeur de la CIA John Brennan avait affirmé que l'EI avait déjà utilisé à plusieurs reprises des armes chimiques et pouvait notamment fabriquer des petites quantités de gaz moutarde.

Taza et Bashir se trouvent dans une zone qui dépend officiellement du gouvernement central irakien mais qui est contrôlée de facto par des forces kurdes.

Après l'offensive de l'EI en 2014, les Kurdes ont en effet étendu leur zone d'influence au-delà des frontières de leur région autonome dans le nord de l'Irak.

Mais la rivalité entre les forces kurdes et des milices chiites présentes dans la région altère l'efficacité de la lutte militaire antijihadistes dans ce secteur du pays, permettant à l'EI de conserver des petites poches de résistance comme Bashir.

Pour le gouverneur de la province de Kirkourk, Najm al-Din Karim, "la libération de Bashir requiert une concertation entre le Premier ministre (Haider al-Abadi), la coalition internationale antijihadistes et (...) le gouvernement régionale du Kurdistan".

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