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09/03/2016 23:11 EST | Actualisé 10/03/2017 00:12 EST

HRW épingle la justice afghane dans le procès des meurtriers de Farkhunda

L'ONG Human Rights Watch (HRW) a critiqué la justice afghane après que la Cour suprême eut confirmé cette semaine l'annulation de la peine de mort des meurtriers de la jeune Farkhunda, accusée à tort d'avoir brûlé un Coran l'an dernier.

Le calvaire de la jeune femme de 27 ans avait mis en relief les violences dont continuent de souffrir les Afghanes dans une société qui reste largement patriarcale. En mars 2015, Farkhunda avait été battue à mort, puis brûlée et jetée dans le lit d'une rivière de Kaboul par une foule furieuse qui l'accusait, à tort, d'avoir profané le livre saint de l'islam.

Cette semaine, la Cour suprême afghane a confirmé un arrêt de la Cour d'appel de l'été dernier qui annulait la peine capitale prononcée en première instance à l'encontre de quatre de ses meurtriers. Trois accusés avaient vu leur peine réduite à 20 ans de prison et le quatrième à 10 ans.

"Le fait que ces quatre peines de mort aient été commuées permet d'empêcher que la peine capitale continue son oeuvre de cruauté", a écrit HRW dans un communiqué publié mercredi soir. "Mais cela ne rend pas justice à Farkhunda pour autant".

En effet, s'insurge l'ONG, "à toutes les étapes de cette affaire, le système judiciaire afghan a échoué à enquêter de manière exhaustive et à punir les responsables". Et de critiquer "l'absence d'avocats" pour défendre certains accusés. En outre, seuls 11 policiers ont été "légèrement réprimandés" sur les 19 accusés de ne pas être intervenus pour empêcher la foule de lyncher Farkhunda.

HRW qualifie d'"ironie mordante" le fait que la Cour suprême ait rendu sa décision lundi, à la veille de la Journée internationale des droits des femmes.

Pour tenter de lutter contre la misogynie, le président Ashraf Ghani et son épouse Rula ont fait de la défense des droits des femmes l'un de leurs chevaux de bataille. Bien que leur sort se soit amélioré depuis la fin du régime des talibans en 2001, les femmes afghanes continuent d'être victimes de violences et de discriminations qui restent souvent impunies.

gde/jac/de