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10/03/2016 08:33 EST | Actualisé 11/03/2017 00:12 EST

France: pas de retrait de la loi travail mais des "corrections" promet Hollande

Le président français François Hollande a exclu jeudi un retrait du projet de loi contesté sur le travail, mais a estimé que des "corrections" y seraient apportées, à la veille d'une rencontre entre le gouvernement et des représentants des syndicats étudiants opposés au projet.

"L'idée n'est pas de retirer ce qui n'a pas encore été adopté, présenté", a déclaré le chef de l'Etat, au lendemain de manifestations dans tout le pays contre cette réforme envisagée par le gouvernement socialiste.

Le texte, dont la présentation officielle a été retardée au 24 mars afin de permettre une concertation avec les syndicats, vise, selon le gouvernement, à supprimer les freins à l'embauche pour lutter contre un chômage qui touche 10% des actifs et près d'un jeune sur quatre.

Mais ses détracteurs, qui se trouvent majoritairement à gauche, notamment au sein du parti socialiste (PS), jugent le texte trop libéral et craignent qu'il n'accentue la précarité de l'emploi.

"La loi peut être améliorée, il y a forcément des éclaircissements à donner, des corrections à établir", a estimé jeudi le président Hollande. "Il faut répondre aux inquiétudes", a-t-il ajouté.

Au lendemain des manifestations contre le texte, le Premier ministre Manuel Valls a fait un geste envers les syndicats étudiants et les organisations lycéennes en annonçant qu'il les recevrait vendredi matin.

Les manifestations, qui ont rassemblé entre 224.000 personnes, selon les autorités, et 500.000 personnes, selon les syndicats de salariés et organisations de jeunesse qui avaient appelé à descendre dans la rue, représentent "une mobilisation sérieuse qu'il faut écouter", a estimé jeudi la ministre de l'Education Najat Vallaud-Belkacem.

Il faut "entendre les critiques", a également déclaré la ministre du Travail, Myriam El Khomri, qui porte le projet de loi controversé.

A un an de l'élection présidentielle, l'exécutif est soucieux d'empêcher le mouvement de s'embraser et a rouvert cette semaine des consultations avec les syndicats de salariés et de chefs d'entreprise. Il doit présenter lundi de nouvelles propositions, suite à cette consultation, avant examen du texte le 24 mars en conseil des ministres.

L'Unef, principal syndicat étudiant et historiquement proche du PS, a déjà appelé à manifester à nouveau le jeudi 17 mars pour obtenir son retrait. D'autres actions de protestation sont prévues le 31 mars.

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