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09/03/2016 21:09 EST | Actualisé 10/03/2017 00:12 EST

Deux soldats tués dans le sud insurrectionnel de la Thaïlande

Deux soldats ont été tués mercredi par une explosion à la bombe dans le sud de la Thaïlande, région en proie à un conflit séparatiste musulman, qui a fait plus de 6.500 victimes depuis 2004.

L'attaque, qui a eu lieu dans la province de Narathiwat, est survenue au moment du passage de leur convoi. "Deux sont morts sur le coup, cinq autres ont été blessés, dont deux sont dans un état critique", a déclaré jeudi à l'AFP le colonel Chumpol Nakapaksin, de la police locale.

Après des mois d'accalmie, les attaques rebelles se sont multipliées ces dernières semaines.

Un civil musulman a encore été abattu mercredi au volant de sa voiture, dans la province voisine de Sri Sakhon. Deux autres ont été blessés dans des attaques similaires.

La semaine dernière, en l'espace de 24 heures, quatre Thaïlandais, trois agriculteurs et un soldat, avaient été abattus dans des attaques distinctes dans cette région.

Les forces de l'ordre et la minorité bouddhiste de la région sont des cibles privilégiées pour les rebelles de cette région frontalière de la Malaisie, rattachée tardivement à la Thaïlande.

Mais la population musulmane, surtout ceux qui sont considérés comme des collaborateurs de Bangkok en tant que fonctionnaires ou élus locaux, est également touchée.

La majorité des victimes dans ce conflit peu médiatisé sont des civils, victimes collatérales d'opérations des forces de l'ordre ou pris pour cibles en tant que collaborateurs par les insurgés.

Ces violences dans le sud de la Thaïlande ont fait 246 morts en 2015, au plus bas depuis 10 ans, avec une baisse des attaques rebelles.

Des pourparlers de paix lancés en 2013 par Bangkok sont aujourd'hui au point mort, avec une junte militaire au pouvoir en Thaïlande depuis un coup d'Etat en mai 2014.

Cette région était rattachée à la Malaisie jusqu'au début du XXe siècle. La Thaïlande majoritairement bouddhiste y a mené une politique d'assimilation des musulmans autochtones à marche forcée.

ask-dth/pt