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10/03/2016 14:52 EST | Actualisé 11/03/2017 00:12 EST

Des ONG appellent Washington à agir après la mort d'une écologiste hondurienne

Plus de 200 organisations non gouvernementales ont publié jeudi une lettre ouverte envoyée au secrétaire d'Etat américain John Kerry pour lui demander de faire pression en faveur de l'ouverture d'une enquête sur l'assassinat de la militante écologiste hondurienne Berta Caceres.

"Nous exhortons le département d'Etat à suspendre toute assistance et formation des forces de sécurité du Honduras, à l'exception d'une aide policière dans les enquêtes et analyses médico-légales, tant que les assassinats de Berta Caceres et de nombreux militants honduriens restent impunis", écrivent les 220 organisations internationales religieuses, écologistes et de défense des droits de l'homme dans la lettre.

Washington avait condamné l'assassinat de Berta Caceres après sa mort, le 3 mars, appelant dans un communiqué du département d'Etat "le gouvernement du Honduras à ouvrir rapidement une enquête approfondie et transparente et à s'assurer que les responsables soient poursuivis".

Mais les organisations demandent à John Kerry d'aller plus loin en plaidant pour l'ouverture d'une "enquête internationale indépendante" qui serait menée par la Commission interaméricaine des droits de l'Homme (CIDH) et de s'assurer de la coopération du gouvernement du Honduras.

Le département d'Etat doit offrir une réponse qui permette à terme "d'améliorer la situation épouvantable des droits de l'homme au Honduras", poursuivent-elles.

Berta Caceres a été tuée par balles par au moins deux hommes le 3 mars à l'aube dans sa maison de La Esperanza (ouest), à environ 200 km de Tegucigalpa, la capitale hondurienne, suscitant l'indignation de la communauté internationale. La CIDH avait réclamé dès 2009 des mesures de protection pour la leader indigène menacée.

Dirigeante du Conseil civique des organisations populaires et indigènes du Honduras (COPINH), elle s'était notamment fait connaître pour sa défense du fleuve Gualcarque (nord-ouest du Honduras) où une entreprise prévoit de construire un barrage hydroélectrique, menaçant de priver d'eau des centaines d'habitants de la région.

Au Honduras, "118 militants écologistes ont été assassinés ces dix dernières années", avait indiqué à l'AFP la coordinatrice du Comité hondurien des familles de détenus disparus, Bertha Oliva.

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