POLITIQUE
10/03/2016 04:15 EST | Actualisé 10/03/2016 05:08 EST

Candidate de la CAQ dans Chicoutimi : Hélène Girard se dit «très enracinée» dans la région

CAQ

QUÉBEC – La CAQ ne se fera pas prendre deux fois. Après avoir été vivement critiqué pour avoir «parachuté» Jocelyne Cazin dans Chauveau, le parti a choisi une candidate locale pour le représenter dans l’élection partielle de Chicoutimi.

Dans l’entourage du chef, on souligne qu’Hélène Girard a toujours vécu et travaillé à Chicoutimi, une information répétée par la candidate en entrevue. «Je suis une fille de la région très enracinée», dit-elle.

«On fait toujours confiance aux gens qu’on connaît, ajoute cette ex-animatrice radio. Ayant eu la chance d’être dans les médias pendant quelque 30 années, les gens m’ont vu aller, ils m’ont entendu.»

Le 11 avril prochain, Hélène Girard tentera de ravir le bastion péquiste de Chicoutimi, laissé vacant depuis la démission de Stéphane Bédard. Son parti devra mettre les bouchées doubles: en 2014, la CAQ a obtenu 17% des votes dans Chicoutimi, contre 30% pour le PLQ et 34% pour le PQ. La circonscription est représentée par le PQ depuis 1973.

Toutefois, le traitement réservé à Stéphane Bédard au sein du cabinet Péladeau pourrait nuire au PQ. Plusieurs observateurs estiment que Stéphane Bédard a démissionné parce que le nouveau chef péquiste lui a préféré Bernard Drainville pour le poste-clé de leader parlementaire.

«Les gens de Chicoutimi sont attachés à la famille Bédard, peu importe leurs allégeances politiques. Les gens respectent Marc-André et Stéphane, dit Hélène Girard en référence au père de Stéphane et ex-ministre péquiste. La plupart des gens ont trouvé qu’il a été traité de façon cavalière.»

«Des gens ont été déçus, parce qu’il y a un attachement envers Stéphane, je ne le nierai pas, ajoute-t-elle. Mais, au-delà de ça, ma campagne sera clairement axée sur les priorités de la CAQ et ce en quoi je crois.»

Arrêtée pour alcool au volant

Hélène Girard a été arrêtée pour conduite avec les facultés affaiblies le 2 janvier 2015. Son taux d’alcoolémie était de 0,12, selon le Journal de Montréal. La candidate affirme avoir pris le volant trop tôt après une dernière coupe de vin.

«Je vais plaider coupable, c’est mon erreur, dit Hélène Girard. Il y a eu une coupe de vin qui a été prise trop vite. J’ai pris le volant trop vite.»

Le porte-parole du chef de la CAQ affirme que l’information était connue du parti dès les premières rencontres. «On était en pleine connaissance de cette situation et on a choisi cette candidate parce que c’est une candidate de terrain exceptionnelle, affirme Guillaume Simard-Leduc. Tout le monde a droit à une deuxième chance.»

«Mais on ne minimise pas le geste qu’elle a posé», ajoute le porte-parole de François Legault.

Pour ou contre le registre?

La candidate établit deux priorités pour sa campagne électorale : les baisses d’impôts et la création d’emplois. La CAQ demande au gouvernement Couillard d’accorder une baisse d’impôts de 500$ par personne dès cette année. «C’est 1000$ par famille», souligne Hélène Girard.

Ce montant aiderait à relancer l’économie, estime la candidate. «Les contribuables étouffent, dit-elle. C’est un jeu de dominos : si les gens ont moins d’argent dans leurs poches, ils vont moins consommer.»

La CAQ souligne que la région a connu de nombreuses pertes d’emplois ces dernières années, particulièrement dans les installations de Rio Tinto Alcan. D’ailleurs, 115 familles du Saguenay-Lac-Saint-Jean ont dû remettre les clés de leur maison à la banque en 2015, un record en 15 ans.

«Les taxes et les impôts montent sans cesse, ce n’est rien pour aider les familles, lance Hélène Girard au sujet des deux années du gouvernement Couillard. On veut alléger le fardeau pour les contribuables.»

«Monsieur Couillard est un excellent médecin, mais au niveau de la gestion et de l’économie, je ne suis pas certaine que c’est son point fort», dit la candidate en reprenant un argument martelé par son chef.

Par ailleurs, la volonté du gouvernement Couillard de créer un registre des armes d’épaule risque de devenir un enjeu important dans cette région de chasseurs. Déjà la CAQ a «émis des réserves» par rapport au projet de loi 64 qui obligerait les propriétaires à enregistrer leurs armes auprès du Directeur de l’état civil. Le parti s’inquiète notamment du coût du futur registre.

Quelle est la position de la candidate? «Je ne suis pas contre, mais il faut écouter les gens qui sont concernés, autant les chasseurs que les policiers», affirme Hélène Girard.

La candidate s’engage à faire connaître sa position aux électeurs avant l’élection du 11 avril. «Au fur et à mesure de la campagne, ils vont la connaître, dit-elle. […] Je devrais être en mesure de posséder encore mieux le dossier pour pouvoir me prononcer là-dessus.»

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