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10/03/2016 02:06 EST | Actualisé 11/03/2017 00:12 EST

Accord UE-Turquie: l'échange de réfugiés syriens sera "temporaire" (ministre)

L'accord en négociation entre l'UE et Ankara doit décourager les migrants de "venir en Europe par des voies illégales", mais sa partie la plus controversée, prévoyant un échange de réfugiés syriens, n'est que "temporaire", a prévenu jeudi le ministre néerlandais Klaas Dijkhoff.

"D'un autre côté nous devons montrer à la Turquie que nous ne sommes pas simplement en train de leur laisser tout le travail", a ajouté M. Dijkhoff, exprimant son soutien à des négociations parallèles, à long terme, pour faire venir légalement des demandeurs d'asile syriens en Europe depuis la Turquie, mais aussi la Jordanie et le Liban, comme le demande avec insistance Ankara.

Le ministre néerlandais de l'Immigration, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE, s'exprimait à son arrivée à une réunion des ministres européens de l'Intérieur à Bruxelles trois jours après un sommet UE-Turquie.

Lors de ce sommet, les Turcs se sont dits prêts à reprendre tous les migrants traversant la mer Egée depuis ses côtes, y compris les demandeurs d'asile comme les Syriens. En contrepartie, pour chaque Syrien réadmis par la Turquie, les Européens s'engageraient à "réinstaller" un autre Syrien depuis la Turquie dans l'UE, ce qui a immédiatement suscité des doutes, y compris de l'ONU, sur la conformité de ce dispositif avec le droit international.

Ce "plan anti-noyades" en mer Egée doit mettre "fin au chaos de l'asile" en Europe, a résumé son homologue belge Theo Francken. Mais le mécanisme dit du "un pour un" ne sera que "temporaire", a expliqué M. Dijkhoff, "ce n'est pas un mécanisme permanent".

Dès qu'il aura permis de stopper les traversées "illégales et très dangereuses" en mer Egée, "ensuite nous devrons discuter avec la Turquie d'un schéma plus permanent de réinstallation, de partage du fardeau", a insisté M. Dijkhoff.

Ces "réinstallations" permettraient de soulager la Turquie, qui compte actuellement sur son sol quelque 2,7 millions de réfugiés syriens, en répartissant des réfugiés dans l'UE depuis son territoire.

La Turquie a rappelé jeudi que si l'accord voyait le jour, les réadmissions ne seraient pas rétroactives, s'appliquant uniquement aux nouvelles arrivées en Grèce. "Il est plus correct d'utiliser les chiffres de milliers ou dizaines de milliers et non millions", a souligné le ministre turc aux Affaires européennes, Volkan Bozkir.

Selon une source européenne, des programmes déjà agréés de répartition de demandeurs d'asile au sein des 28 Etats membres de l'UE offent un réservoir de 70.000 places qui pourront immédiatement être utilisées pour le "un pour un".

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