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10/03/2016 07:24 EST | Actualisé 11/03/2017 00:12 EST

Abbas se garde de condamner les attentats anti-israéliens

Le président palestinien Mahmoud Abbas s'est dit jeudi opposé à toute forme de violence tout en se gardant de condamner expressément les récentes attaques anti-israéliennes, malgré les critiques implicites du vice-président américain Joe Biden contre les dirigeants palestiniens la veille à ce propos.

"Notre main est tendue pour une paix fondée sur la justice et le respect des droits de chacun. Nous sommes contre la violence, l'extrémisme et le terrorisme, d'où qu'ils viennent", a dit M. Abbas devant la presse à Ramallah (Cisjordanie occupée) à l'occasion de la visite du président roumain Klaus Iohannis.

Israël, Jérusalem et les Territoires palestiniens sont en proie à une nouvelle vague de violences qui a coûté la vie à 188 Palestiniens, 28 Israéliens, deux Américains, un Erythréen et un Soudanais depuis le 1er octobre, selon un décompte de l'AFP. La plupart des Palestiniens morts sont des auteurs ou auteurs présumés d'attaques anti-israéliennes, plus ou moins quotidiennes depuis cinq mois.

En visite en Israël, le vice-président américain avait critiqué mercredi les dirigeants palestiniens pour l'absence de condamnation de leur part des attentats anti-israéliens.

Les Etats-Unis "condamnent ces agissements et condamnent ceux qui ne les condamnent pas", avait dit M. Biden dont la visite mardi et mercredi a coïncidé avec six attentats anti-israéliens qui ont fait un mort - un touriste américain - et une quinzaine de blessés. Sept assaillants palestiniens ont été tués, selon la police.

M. Biden avait rencontré M. Abbas à Ramallah (Cisjordanie occupée) mercredi soir. Ils s'étaient abstenus de déclarations à la presse.

Les services de M. Abbas avaient dans un communiqué affirmé que "la violence et l'effusion de sang avaient pour origine la poursuite des diktats, l'intensification de l'occupation et l'entreprise continue de colonisation" israélienne.

M. Abbas avait présenté ses condoléances à M. Biden pour la mort de son compatriote mais ajouté selon ses services que "les forces d'occupation (israélienne avaient) tué 200 Palestiniens au cours des cinq derniers mois".

Le Premier ministre israélien accuse l'Autorité palestinienne d'incitation à la haine alors que le président Abbas se déclare favorable à une résistance "populaire" et "pacifique" contre l'occupation israélienne.

"La situation actuelle n'est pas tolérable", a dit M. Abbas jeudi. La paix nécessite "des décisions cruciales de la part du gouvernement israélien, passant par le gel immédiat de la colonisation, l'arrêt des agressions commises par les colons (contre les Palestiniens) et le respect de la souveraineté palestinienne" en vertu des accords existants, a-t-il dit.

sy-lal/feb