POLITIQUE
09/03/2016 02:23 EST | Actualisé 10/03/2016 06:33 EST

Mauril Bélanger, président honoraire de la Chambre pour un jour (VIDÉO)

Certains ont tenté de retenir leurs larmes, mais ce fut en vain: les députés à Ottawa ne pouvaient rester de marbre en voyant leur collègue Mauril Bélanger réaliser son rêve de présider les travaux à la Chambre des communes.

Le député d'Ottawa-Vanier l'aura fait le temps d'une journée, à titre honorifique, après avoir été contraint de faire une croix sur son désir d'accéder à la présidence en novembre dernier.

Les plans de Mauril Bélanger ont été cruellement contrecarrés lorsqu'il a appris qu'il était atteint de la sclérose latérale amyotrophique (SLA), une maladie dégénérative incurable.

Il a depuis perdu l'usage de la parole et une partie de sa motricité, mais sa détermination à réaliser ce rêve, elle, ne l'avait vraisemblablement pas quitté.

Son courage face à l'adversité a été largement salué à la Chambre des communes, les élus bondissant de leur siège à plus d'une reprise pour l'ovationner, mercredi après-midi.

"M. le président, c'est un plaisir immense de vous voir ici aujourd'hui", a laissé tomber le premier ministre Justin Trudeau, très ému, en s'adressant à celui qu'il a dit considérer comme "un ami" et un "grand parlementaire".

"Je vous salue pour la dignité et la grâce que vous apportez quotidiennement à cette Chambre alors que vous combattez cette terrible maladie", a-t-il ajouté.

Aux hommages du premier ministre Trudeau se sont ajoutés les mots d'encouragements d'élus d'autres partis, dont ceux de la leader intérimaire conservatrice Rona Ambrose.

"M. le président, laissez-moi commencer en vous disant que vous avez fière allure là-haut. Je tiens à souligner que vous avez accompli dans un bref délai ce dont rêvent plusieurs présidents, c'est-à-dire faire régner la discipline en Chambre", a-t-elle lancé.

Le président d'un jour, qui a utilisé son iPad pour diriger les déclarations de députés et les deux premières interventions de la période des questions, était visiblement touché par l'honneur qui lui a été accordé.

"J'aimerais vous remercier tous, chers collègues députés, du grand privilège que vous m'avez accordé de servir en tant que président honoraire de la Chambre des communes aujourd'hui. Merci beaucoup", a déclaré M. Bélanger.

Il s'est ensuite levé, lentement, aidé de M. Trudeau, de Mme Ambrose et d'autres députés, et il a cédé sa place au président Geoff Regan, qui a dirigé le reste de la période des questions.

Mauril Bélanger, qui est député depuis 21 ans, avait décidé de consulter un médecin lorsqu'il a commencé à perdre la voix à l'automne dernier.

Après que le diagnostic fut tombé, ses collègues ont adopté une motion unanime visant à lui permettre d'occuper pour un jour le poste de président honoraire des Communes.

À l'entrée des réunions de caucus, mercredi matin, tous les députés croisés dans les couloirs du parlement ont tenu à témoigner du grand respect qu'ils ont pour leur collègue.

"C'est d'une tristesse inouïe (...) J'ai beaucoup de respect pour M. Bélanger. Je trouve ça triste la situation qu'il vit. Il mérite notre respect", a laissé tomber le chef du Bloc québécois, Rhéal Fortin.

"Mauril est un mentor. J'ai beaucoup travaillé avec lui, il est un grand ami, et je pense que c'est quelque chose de vraiment spécial", a pour sa part offert la ministre de l'Environnement, Catherine McKenna, qui représente aussi une circonscription d'Ottawa.

"Il a travaillé tellement fort pour les femmes, il a travaillé vraiment fort pour la communauté francophone. Je pense que c'est un honneur qu'il mérite", a-t-elle enchaîné.

L'engagement de Mauril Bélanger en matière d'égalité hommes-femmes s'incarne notamment dans un projet de loi d'initiative parlementaire qu'il a remis de l'avant dès les premiers jours de la nouvelle législature.

Le projet de loi C-210 vise à remplacer les mots "thy sons" par "of us" dans la version anglaise de l'hymne national du Canada pour éliminer toute distinction de genre.

La députée libérale Joyce Murray dit espérer "que nous pourrons l'adopter avec Mauril qui mène toujours la charge".

Car "on veut un hymne national qui parle aux femmes et aux hommes également. Ce n'est pas un grand changement, et j'encourage tous les députés à l'appuyer", a-t-elle ajouté.

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