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09/03/2016 03:47 EST | Actualisé 10/03/2017 00:12 EST

La route des Balkans se ferme aux migrants

La route migratoire des Balkans, empruntée l'an dernier par des centaines de milliers de migrants syriens, irakiens ou afghans en route vers l'Europe du Nord, s'est pratiquement fermée mercredi, accroissant du coup la pression sur la Grèce.

La fermeture de la route résulte d'une décision de la Slovénie, qui depuis mardi minuit, heure locale, ne laisse plus transiter de migrants sans papiers par son territoire, sauf pour des exceptions « humanitaires ».

La Croatie, qui est membre de l'Union européenne (UE), mais pas de l'espace Schengen, a adopté une approche similaire, tout comme la Serbie et la Macédoine, qui ne sont pas membres de l'UE.

Depuis quelques jours, la Macédoine n'acceptait déjà plus que certains réfugiés syriens et irakiens en provenance de la Grèce, et refoulait les Afghans. Désormais, les Syriens et les Irakiens se retrouveront coincés en Grèce, comme des milliers d'autres migrants.

À l'heure actuelle, plus de 36 000 migrants sont bloqués en Grèce, pays membre de l'UE, mais à l'économie exsangue. Environ 13 000 d'entre eux sont massés à Idomeni, près de la frontière avec la Macédoine, dans des conditions exécrables.

L'an dernier, des centaines de milliers de migrants avaient emprunté la route des Balkans, franchissant à pied la Macédoine et la Serbie, puis la Hongrie ou la Slovénie, avant d'atteindre l'Autriche et enfin l'Allemagne, qui les accueillait à bras ouverts.

Certains poursuivaient leur route jusqu'en Grande-Bretagne ou en Suède.

L'ambiance a cependant changé en Europe, comme l'a montré l'entente de principe convenue au début de la semaine entre les 28 pays membres de l'UE et la Turquie afin de lutter contre les réseaux de passeurs et de contrôler les flux migratoires.

L'entente a été conclue sur la base « d'un Syrien admis pour un Syrien expulsé » : tous les migrants arrivés en Grèce doivent ainsi être renvoyés en Turquie, qui enverrait ensuite un migrant dûment enregistré chez elle dans un pays de l'UE.

Cet accord, qui doit être officialisée la semaine prochaine, a entériné la fermeture de la route des Balkans; les décisions subséquentes de la Slovénie et des autres pays de la région viennent en quelque sorte la concrétiser.