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08/03/2016 02:37 EST | Actualisé 09/03/2017 00:12 EST

Un avocat chinois libéré par Pékin est arrivé aux Etats-Unis (ONG)

Un avocat chinois détenu puis placé sous surveillance pendant plusieurs mois après avoir prôné l'adoption en Chine d'un système de jury est arrivé aux Etats-Unis, a annoncé mardi une ONG américaine de défense des droits de l'Homme.

Chen Taihe, 45 ans, "a rejoint sa famille" la semaine dernière à San Francisco, après avoir été informé par la police de la ville de Guilin (sud de la Chine) qu'elle ne "donnerait pas suite" aux charges contre lui, selon un communiqué de la fondation Dui Hua (Dialogue, en français).

Les autorités avaient arrêté l'avocat en juillet pour avoir "incité à la subversion du pouvoir de l'Etat", "provoqué de graves troubles" et commis des "détournements de fonds", a indiqué l'ONG.

Son interpellation était intervenue dans le cadre d'une vaste campagne de répression à l'encontre d'avocats et militants des droits de l'Homme, 200 ayant été arrêtés ou interrogés.

Chen Taihe avait été détenu par la police durant un mois avant d'être placé en "résidence surveillée", terme chinois décrivant un emprisonnement en dehors des centres de détention et prisons officielles.

Par la suite, l'avocat a été autorisé à retourner chez lui et à voyager librement en Chine.

Après l'annonce par la police de l'abandon des charges pesant sur lui, M. Chen a obtenu un passeport chinois et s'est envolé pour les Etats-Unis, a déclaré Dui Hua, une ONG qui promeut les droits de l'Homme et tente d'entretenir le dialogue à ce sujet avec les autorités chinoises.

Avant son arrestation, l'avocat avait publié un livre sur son étude du système juridique britannique, et avait été invité aux Etats-Unis dans le cadre d'échanges sur le thème de la justice.

"Je prévois de reprendre mon travail promouvant l'adoption d'un système de jury en Chine, et j'espère que la Chine deviendra un jour un pays libre respectant les droits individuels et l'état de droit", a-t-il déclaré, selon le communiqué.

Les arrestations comme celles de M. Chen et les contrôles sur la société civile se sont intensifiés depuis l'arrivée au pouvoir du président chinois Xi Jinping.

Le mois dernier, le haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme Zeid Ra'ad Al Hussein avait appelé Pékin à libérer "immédiatement et sans condition" les avocats et militants arrêtés.

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