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08/03/2016 15:56 EST | Actualisé 09/03/2017 00:12 EST

Syrie: pas de "plan" pour prendre Raqa, selon un chef militaire américain

La prise de la ville syrienne de Raqa, la capitale autoproclamée du groupe de l'Etat islamique, n'est pas planifiée pour l'instant par la coalition internationale contre les jihadistes, a déclaré mardi un chef militaire américain.

"Nous avons une stratégie pour aller à Raqa, pour isoler Raqa" mais "nous n'avons pas de plan" pour prendre la ville, ni "pour la tenir" ensuite face à une éventuelle contre-offensive jihadiste, a déclaré le général Joseph Votel lors d'une audition devant la commission des forces armées du Sénat américain.

Raqa, avec Mossoul en Irak, est l'un des deux grands objectifs de la coalition contre le groupe Etat islamique (EI).

Mais si les responsables américains ont toujours été clairs sur leur volonté de reprendre le plus rapidement possible Mossoul, ils ont toujours été un peu plus flous sur leurs intentions concernant Raqa, évoquant souvent une volonté "d'isoler" la ville.

Le chef d'état-major inter-armées américain, le général Joe Dunford, a précisé de son côté mardi qu'il "n'y avait pas de calendrier" pour la reprise de la ville.

"Ce sera en fonction des conditions" sur place, a-t-il dit devant des journalistes, lors d'un voyage en Floride (sud-est).

"Ca se jouera sur la taille de la force disponible et sur le dispositif ennemi". Mais "l'étau se resserre" autour de l'EI en Syrie, a-t-il dit.

Pour ses opérations au sol contre les jihadistes à Raqa, la coalition s'appuie sur les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de groupes locaux dominés par les milices kurdes.

Or Raqa est située en dehors de la zone traditionnelle d'influence des Kurdes.

"Probablement environ 80%" des FDS sont Kurdes, a reconnu le général Votel devant les sénateurs à Washington.

"Notre but est de recruter plus d'Arabes et de Turcomans", a souligné de son côté le général Lloyd Austin, le chef du commandement militaire américain au Moyen-Orient.

Pour continuer à renforcer les forces locales, les Etats-Unis s'apprêtent à reprendre la formation de combattants syriens, mais dans un format différent du programme précédent qui avait tourné au fiasco.

"Nous voulons nous concentrer sur un plus petit nombre de gens, que nous pourrons entraîner sur des compétences bien spécifiques" qu'ils pourront ensuite faire partager à leurs camarades de combat, a indiqué le général Austin devant la commission des forces armées du Sénat.

lby/elc