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08/03/2016 02:35 EST | Actualisé 09/03/2017 00:12 EST

Pékin "fortement mécontent" des restrictions américaines imposées au géant chinois ZTE

Pékin s'est dit mardi "fortement mécontent" des restrictions commerciales imposées par Washington au géant chinois des équipements télécoms ZTE pour avoir violé l'embargo américain contre l'Iran, jugeant que ce n'est "pas une façon correcte" de régler le problème.

Le groupe avait lui-même révélé lundi être sous la menace de représailles commerciales, suscitant déjà une première réaction outrée des autorités chinoises.

L'AFP avait pu par la suite confirmer l'information, via une notification du département américain du Commerce (DoC). Celle-ci indiquait que ZTE figurera de fait à partir de mardi sur la liste noire recensant les entreprises dont les agissements sont "contraires à la sécurité nationale et aux intérêts de politique étrangère des Etats-Unis".

A l'avenir, ZTE devra désormais demander aux autorités américaines une "autorisation" spéciale à chaque fois qu'il souhaite acquérir une quelconque marchandise aux Etats-Unis, selon ce document.

"La Chine exprime son fort mécontentement et sa ferme opposition (...) La décision américaine va sévèrement pénaliser les activités normales de l'entreprise", a réagi mardi le ministère chinois du Commerce dans un communiqué.

"Ce n'est pas une façon correcte de traiter les différends économiques et commerciaux", a renchéri plus tard le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi.

"Cela va porter préjudice aux personnes (concernées) sans avoir aucun bénéfice en soi", a-t-il martelé, en marge de la session annuelle du Parlement chinois, actuellement en cours.

D'après la notification officielle, le géant chinois aurait "illicitement réexporté" des équipements visés par les sanctions américaines vers l'Iran en violation de l'embargo et en utilisant des sociétés écrans. Les enquêtes américaines sur le dossier auraient débuté en 2012, selon plusieurs médias.

Dans un communiqué publié mardi, ZTE a assuré "être résolu à respecter les conventions internationales, ainsi que les lois et régulations des pays où (il) est présent".

ZTE "s'engage à rechercher dès que possible des solutions pour résoudre le problème", a poursuivi le groupe.

Washington a accepté de lever depuis mi-janvier certaines sanctions contre Téhéran, mais continue d'imposer un embargo lié aux violations des droits de l'Homme et au terrorisme, interdisant de fait à nombre d'entreprises américaines de revenir en Iran.

Fondé en 1985, ZTE propose des équipements et services dans quelque 160 pays, mais fait l'objet ces dernières semaines d'une pression accrue.

Le fonds de pension public norvégien, plus gros fonds souverain au monde, s'est ainsi désengagé de l'entreprise chinoise en raison de soupçons de corruption pesant sur lui dans près d'une vingtaine de pays.

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