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08/03/2016 11:16 EST | Actualisé 09/03/2017 00:12 EST

Journée de la femme: les obstacles à l'égalité demeurent nombreux

Ce qui se voulait une marque de respect à l'égard des femmes a finalement servi à rappeler à l'Inde qu'il lui reste encore beaucoup de chemin à faire pour atteindre la parité au sein de son système politique.

La décision du premier ministre indien, Narendra Modi, de n'accorder la parole qu'aux membres de sexe féminin du Parlement à l'occasion de la Journée internationale de la femme, mardi, a donné lieu à de longs moments de silence puisqu'il n'y avait pas assez de femmes pour se prévaloir de cette offre.

Sur les 543 élus de la chambre basse du Parlement indien, seulement 62 sont des femmes, soit 12 pour cent. La moyenne mondiale est de 22 pour cent, selon l'Union Interparlementaire.

Les parlementaires de sexe féminin qui se sont adressées à l'assemblée, mardi, ont mentionné plusieurs problèmes, incluant l'interdiction pour les femmes d'entrer dans les temples hindous et l'accès difficile à l'éducation pour les filles.

Elles ont également réclamé que le Parlement reprenne un projet de loi présenté il y a plus de 20 ans, qui exigerait que 33 pour cent des élus soient des femmes.

La sous-représentation en politique n'est que l'un des multiples maux qui affligent les femmes et les filles partout dans le monde et les empêchent d'atteindre l'égalité, comme l'ont souligné les Nations unies et quelques-uns de ses organismes, mardi.

Évoquant son enfance en Corée du Sud juste après la Deuxième Guerre mondiale, époque où les femmes mouraient souvent en couches, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon a déploré, mardi, que le taux de mortalité maternelle soit encore si élevé un demi-siècle plus tard, affirmant qu'il s'agissait de «l'un des nombreux périls qui sont évitables».

M. Ban a également cité les mutilations génitales, les attaques contre les fillettes se rendant à l'école et la violence sexuelle utilisée comme «arme» dans les conflits comme étant autant de fléaux qui ne pourraient être éliminés qu'en favorisant l'autonomisation des femmes.

Dans un rapport publié à l'occasion de la Journée internationale de la femme, l'Institut de statistique de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) a pour sa part indiqué que les filles étaient les premières à être exclues des salles de classe, 63 millions d'entre elles n'ayant actuellement pas accès à l'éducation dans plus de 200 pays.

Si la tendance se maintient, près de 16 millions de filles âgées entre 6 et 11 ans n'auront jamais la chance d'apprendre à lire et à écrire à l'école primaire contre environ 8 millions de garçons, précise le document.

Selon l'UNESCO, les États arabes, l'Afrique subsaharienne et l'Asie occidentale sont les régions où les inégalités entre les sexes sont les plus marquées.

De leur côté, le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF) et le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) ont annoncé, mardi, le lancement d'une campagne mondiale visant à mettre fin aux mariages d'enfants d'ici 2030.

La campagne travaillera à améliorer l'accès des filles à l'éducation et aux services de soins de santé, à informer les parents et les communautés au sujet des dangers liés à de telles unions, à augmenter le soutien économique aux familles et à renforcer les lois établissant à 18 ans l'âge minimum pour le mariage.